Infirmier : un métier d’avenir

Depuis quelques années, une rumeur enfle, suscitant de l’inquiétude chez les étudiants qui entendent devenir infirmiers : jusqu’alors protégée du chômage, la profession ne serait plus aussi attractive et l’on verrait même des jeunes diplômés pointer à Pôle emploi…

Une alerte excessive

Disons-le tout net : ces craintes sont largement infondées. S’il ne faut pas nier les difficultés éprouvées par certains élèves en formation, il convient de rester serein quant à l’avenir du métier d’infirmier. Certes les étudiants ne bénéficient plus forcément d’un CDI immédiat… Mais leur précarité reste toute relative ! Dans une interview donnée au Monde il y a un an, Karim Mameri, secrétaire général de l’Ordre national des infirmiers, se veut rassurant : « La recherche d’emploi peut mettre de quelques mois à un an, si l’on vise les services d’urgences ou de réanimation, ou si l’on refuse le travail de nuit, les maisons de retraite ou un statut précaire ». Ce dernier reconnaît un simple « ralentissement à très court terme ».

Un rapport de la DARES commandé par le gouvernement en 2015 sur l’avenir des  professions est de ce point de vue sans ambiguïté : « Parmi les métiers qui bénéficieraient des plus importants volumes de créations nettes d’emplois d’ici à 2022 se trouvent plusieurs métiers de niveau profession intermédiaire tels que les infirmiers, les sages-femmes et les professions paramédicales (dont la croissance s’inscrirait dans la dynamique générale des métiers de la santé) (…). » Le rapport évalue à 219 000 le nombre de postes à pourvoir sur la décennie 2012-2022, dont 92 000 créations nettes d’emploi…

Des perspectives d’avenir évidentes

Comment cette branche professionnelle pourrait-elle être en perte de vitesse dans un  contexte de croissance des demandes de soin ?  Plusieurs facteurs favoriseront au contraire son essor. D’abord  la société doit faire face à un vieillissement de la population, allant de pair, pour beaucoup, avec une perte totale ou partielle d’autonomie. Les personnes âgées dépendantes requièrent des soins spécifiques ne pouvant être assurés que par des professionnels. Dans le même temps, les infirmiers de la génération du « baby-boom » partent en retraite, laissant vacants de nombreux postes qu’il faudra nécessairement pourvoir. Enfin, le pays souffre actuellement d’une pénurie de médecins généralistes en campagne, les jeunes diplômés préférant s’orienter vers des spécialités plus rémunératrices ou s’installer dans des zones urbaines. Bien souvent, les infirmiers libéraux exerçant dans ces régions considérées comme des déserts médicaux connaissent une activité très soutenue.

Certes, en 2014, la FNESI (Fédération Nationale des étudiants infirmiers) rendait publics les résultats d’une enquête faisant apparaître pour la première fois un phénomène de baisse d’activité chez les infirmiers. Cependant, très circonscrit, celui-ci concerne principalement le domaine hospitalier où les restrictions budgétaires imposées par l’État amènent à la fermeture de certains postes. Surtout, il est très inégalement réparti sur le territoire. En effet, toutes les régions ne sont pas impactées de la même façon par la baisse d’activité, certaines régions, telles que l’Ile-de-France, étant constamment en recherche de professionnels tandis que d’autres, comme la Provence-Alpes-Côte-D’azur, ont tendance à être saturées.

On s’effraie également de la fermeture de certains IFSI (Instituts de formation en soins infirmiers), notamment en Normandie et en Bretagne, qui annonceraient la fin du plein emploi dans le secteur. Là encore, ces craintes sont à balayer : ces fermetures correspondent à une centralisation visant à limiter les coûts de ces centres, certains centres installés dans des petites villes fusionnant avec ceux de villes plus importantes. Il est vrai qu’en 20 ans, dans certaines régions particulièrement attractives, les effectifs d’étudiants admis en école d’infirmiers ont connu une forte augmentation, créant par endroits le sentiment d’une « surproduction » de diplômés. Il s’agit alors bien plus de repenser les quotas que de déplorer un éventuel chômage galopant !

Restons optimistes !

Ainsi donc, on le constate sans doute possible : le besoin en infirmiers existe bien, il est indéniable !

Les postes à pourvoir en EHPAD  (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) par exemple sont légion. Oui, c’est vrai, travailler auprès du grand âge n’est pas toujours facile et peut parfois rebuter de jeunes diplômés qui s’envisageaient plutôt dans des services leur semblant a priori plus prestigieux (la cardiologie, l’oncologie par exemple), et où les moyens humains et matériels sont plus conséquents, mais soyons lucides : quel que soit le diplôme obtenu, obtient-t-on dès sa première expérience professionnelle le poste de ses rêves ? De plus, le travail auprès du 3ème et désormais du 4ème âge représente l’avenir de la profession, qui va devoir s’adapter afin de répondre aux besoins d’une population vieillissante toujours plus nombreuse. L’allongement de la durée de vie implique une prise en charge spécifique que seuls des professionnels, dont les infirmiers bien sûr, seront en mesure d’assurer.

Ainsi, à condition d’accepter de ne pas obtenir dès sa sortie de formation un CDI dans le poste précis dont il rêve, il ne fait aucun doute qu’un jeune infirmier diplômé trouvera du travail. Certes, il commencera peut-être par des CDD ne correspondant pas dans l’immédiat à son idéal d’emploi, mais il aura le loisir, durant ces premières expériences, d’affiner son choix en découvrant des structures et des publics auxquels il n’avait peut-être pas songé auparavant.

Incontestablement, bien des indicateurs nous incitent à l’optimisme, comme ce rapport de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), qui situe en troisième place en termes de création d’emploi en France à l’horizon 2022… le métier d’infirmier !

 

Marion Gauthier, février 2017

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