L’exposé oral de culture générale aux concours aide-soignant et auxiliaire de puériculture : une épreuve qu’il faut savoir aborder sereinement

Les candidats aux concours d’entrée dans les écoles d’aide-soignant et d’auxiliaire de puériculture appréhendent cette première étape de leur entretien qu’est l’exposé de culture générale.

Difficile, en effet, pour le candidat aux concours paramédicaux de s’exprimer face au jury, et directement, sans le relatif confort qu’autorise la médiation d’une copie. Cette épreuve d’exposé n’est pourtant guère différente, dans son contenu, des sujets de l’écrit. Il faut exploiter un document ou une question (de la manière la plus intéressante possible) après en avoir extrait une problématique ; puis dérouler sa réflexion dans un message clair, cohérent, intelligible, structuré.

  • Quel est l’objectif de cette épreuve ?

L’entretien ne vise pas à tester les facultés oratoires du candidat ou ses aptitudes à s’exprimer formellement sur un sujet (c’est l’objet du rédactionnel). Le concours d’entrée en école d’aide-soignant ou d’auxiliaire de puériculture AP n’est pas un concours d’éloquence ! L’épreuve évalue la capacité du candidat à soulever des questions autour de thèmes d’actualité, à développer quelques pistes de réflexion sensées sur des problèmes divers (sanitaires, sociaux, etc.).

Le jury est également sensible à la forme, non en termes d’éloquence ou de « style », mais de rigueur et de clarté : il faut transmettre un message intelligible et structuré. En aucun cas l’entretien ne saurait s’assimiler à un oral d’examen (comme peut en proposer le baccalauréat par exemple). Le jury ne dispose pas de « réponse type » à partir de laquelle évaluer la prestation du candidat.

Ce que recherchent les examinateurs, ce sont des personnes mûres, réfléchies, déjà dans une posture de professionnel de la santé, capables d’appréhender un problème et d’en faire part à ses partenaires avec tout le sérieux et la rigueur que requiert cet exercice.

  • Quelle est la difficulté de cette épreuve ?

La difficulté consiste à éviter de faire de l’écrit à l’oral… La tentation est en effet grande de préparer son sujet comme on prépare une dissertation et de se contenter de lire ses notes. Pareille prestation n’est d’aucun intérêt pour le jury. Celui-ci attend une parole vivante, non une simple transposition de l’écrit. Dans tous les cas, pour éviter cet écueil, le concours n’autorise que dix minutes de préparation. En un temps aussi court, il ne saurait être question de rédiger in extenso l’exposé. Le candidat devra se contenter de noter son plan et d’évoquer brièvement les exemples avec lesquels il compte illustrer son propos.

Même si la parole reste parfois hésitante, chevrotante, elle doit demeurer vivante et se développer dans un véritable échange… Le jury n’évalue pas des orateurs mais des personnes sensibles au monde qui les entoure.

  • Des sujets proposés sur différents supports

Si les textes officiels encadrent assez sévèrement la forme que doit recouvrir l’épreuve écrite, il n’en va pas de même avec l’admission orale. Là, toutes les configurations sont autorisées puisqu’il n’est question que d’un « un exposé suivi d’une discussion devant un jury […] chaque candidat [dispose] au préalable, de dix minutes de préparation. »

Rien ne spécifie ici le fond ou la forme que peuvent prendre les documents qui serviront de support aux énoncés. Et en effet, une grande diversité de sujets peut être proposée aux candidats. Cette variété porte à la fois sur la forme de l’énoncé et sur son contenu.

Selon les écoles d’AS/AP présentées, le candidat pourra être confronté à :

• un énoncé « classique » (sous forme affirmative ou interrogative) ;
• un court texte (là encore avec ou sans question) ;
• un document audiovisuel (dessin, photographie, vidéo, reportage sonore).
Sur le fond, les sujets pourront porter sur :
• l’actualité sanitaire et sociale ;
• le terrain professionnel ou le secteur de la santé ;
• une mise en situation ;
• une question d’ordre « anthropologique » ou « philosophique ».

  • Ne pas avoir peur des sujets a priori difficiles

Quel qu’il soit, le sujet ne doit pas faire peur. Le jury n’attend pas des candidats qu’ils connaissent tout sur tout : seulement qu’ils se montrent capables de faire face à n’importe quelle situation en adaptant avec honnêteté et franchise leur savoir (ou ignorance !) au sujet proposé. Un énoncé d’apparence très difficile ne suscitera pas les mêmes attentes parmi les membres du jury qu’un autre plus aisément traitable.
Par exemple, sur une question du type : « Peut-on encore voyager aujourd’hui ? », le candidat devra :

• soit montrer des capacités à dégager des enjeux intéressants (le voyage est-il possible à l’heure de la mondialisation ?) ;
• soit « tirer » ledit sujet vers une problématique sociale ou « politique » (a-t-on encore le droit de voyager dans un monde où les pays semblent fermer leurs frontières ?) ;
• soit, à la limite, extraire le thème du voyage pour former une problématique sanitaire (les grandes pandémies ne constituent-elles pas un risque majeur dans un monde où des millions d’individus voyagent chaque année ?).

Cette dernière solution, on le voit, semble « tirée par les cheveux »… Cependant, il reste tout à fait possible de jouer cette carte en énonçant avec franchise au jury que le sujet vous paraît très difficile et que, de ce fait, vous avez opté pour un traitement que vous maîtrisez mieux. Former ce « décalage » reste préférable à un abandon pur et simple. Mieux : il pourra manifester de votre part une capacité d’adaptation, voire démontrer un certain « culot », et bien des jurys apprécient que se révèlent ainsi les fortes personnalités. Cette option constitue malgré tout une prise de risque : à chaque candidat d’évaluer jusqu’où il se sent capable de la mener et de l’assumer.

A contrario, un sujet apparemment « facile » (« Que savez-vous de l’obésité ? » « Quels défis nous demandent de relever les sociétés vieillissantes ? ») appellera un traitement exhaustif, bien documenté et parfaitement argumenté. Ici, il ne faudra attendre aucune mansuétude de la part du jury sur d’éventuelles lacunes.

L’équipe d’IRSS accompagne les candidats dans ce « parcours du combattant » que sont les oraux aux concours d’aide-soignant ou d’auxiliaire de puériculture. Les enseignants et formateurs, jurys de concours et fins connaisseurs des exigences liées à l’entretien (et auteurs de nombreux ouvrages aux éditions Elsevier-Masson), sauront vous permettre de mener à bien votre projet.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

S'inscrire S'inscrire