Elles ont traversé les océans pour venir étudier en prépa orthophonie à IRSS : 3 ultramarines livrent leur expérience

Céline, Mélina et Clara, 3 étudiantes en Prépa Orthophonie à IRSS, nous racontent leur parcours et leur vie loin de leur île natale. Un dépaysement total, voire un saut dans l’inconnu pour ces ultramarines venues en métropole se préparer au concours. 3 trajectoires, 3 histoires, 3 ressentis… mais un même enthousiasme pour une expérience vécue comme enrichissante, formatrice et à jamais marquante en métropole. Elles nous livrent leurs témoignages, mais dispensent aussi quelques conseils aux insulaires des outre-mer tentés par le grand large.

 Céline, Réunion, étudiante à IRSS Tours

J’ai obtenu un baccalauréat scientifique à la Réunion avec une mention « Bien ». Depuis le début de ma terminale, je savais que je voulais devenir orthophoniste. J’ai fait des recherches sur le métier et sur les conditions d’accès et j’ai découvert que j’étais obligée de partir pour étudier.

C’est un choix qui doit longuement se penser et se soupeser : il y a le côté financier, bien sûr, qui n’est pas anodin, mais aussi l’aspect familial et personnel.  C’est pour cela qu’il ne faut pas se lancer sur un coup de tête mais avec un vrai projet : j’ai rencontré des professionnelles qui m’ont confirmée dans ma voie et je sais, désormais, que c’est dans ce métier que je serai épanouie plus tard. Mon départ était donc mûrement réfléchi. Les possibilités d’études sont restreintes à la Réunion, et je ne voulais pas brider ma vocation en me cantonnant aux seules écoles présentes sur notre île.

Il a donc fallu effectuer des démarches pour entrer en prépa. J’ai connu IRSS en faisant des recherches sur Internet. J’ai appelé une vingtaine d’écoles sur toute la France : comme je n’ai d’attache nulle part en métropole, je n’étais pas limitée sur un territoire. Je voulais être certaine de ne pas me tromper. En discutant avec les secrétaires, les responsables pédagogiques ou les directeurs de structure, j’ai porté mon choix sur IRSS. Beaucoup d’écoles que je contactais ne semblaient pas connaître le concours ou bien avaient des organisations un peu bancales. IRSS propose des cours jusqu’en mai, 30 heures par semaine, avec des concours blancs hebdomadaires. Cela m’a tout de suite plu. En plus très peu d’établissements recrutent leurs candidats après une sélection, ce qui traduit un manque de sérieux. L’IRSS m’a proposé un rendez-vous par Skype après l’envoi de mon dossier de candidature et j’ai été admise après un entretien très poussé, très construit, de plus d’une heure. Enfin on testait ma motivation et mes compétences ! Je sentais que j’avais affaire à des spécialistes ! Quand on est à des milliers de kilomètres, il faut se sentir en confiance.

En arrivant à Tours, j’ai eu le sentiment de perdre tous mes repères : on trouve peu de reliefs dans la Région Centre et la météo, en automne, devient vite assez froide. Tout le contraire de la Réunion ! Il faut s’y préparer psychologiquement ! Quand vous ajoutez l’éloignement des proches et le travail lié à la prépa… Tout cela requiert un bon mental, dès le départ.

Mais, passé ces premières sensations, le déménagement en métropole apporte beaucoup : l’autonomie, d’abord, parce qu’il faut apprendre à s’assumer seule ; les capacités de travail, ensuite, qu’on développe grâce à la prépa et loin des distractions de son entourage.

A tous les ultramarins qui se posent des questions, je recommande de bien réfléchir à leur projet, savoir pourquoi ils partent, mais une fois l’objectif fixé et réfléchi, il faut qu’ils se lancent, sans hésiter. L’expérience qu’on acquiert en venant en métropole pour une école sérieuse comme IRSS permet de progresser dans la scolarité bien sûr, mais aussi dans la vie. Quand je rentre à la Réunion, je ne vois plus les choses de la même façon : j’ai beaucoup changé, mûri et pris du recul. La métropole offre des opportunités culturelles, des rencontres, des ouvertures que nous n’avons pas toujours dans notre vie insulaire.

Autre conseil aux étudiants des outre-mer : allez vers les autres. J’ai fait de très belles rencontres dans la classe, un petit groupe d’amies très fidèles qui me soutiennent et avec lesquelles je peux échanger. Je ne me suis jamais isolée ni sentie seule… Je le dis parce que je sais que les Réunionnais peuvent être timides une fois sortis de l’île, ne pas se sentir à l’aise dans un environnement inconnu. La clé d’une bonne intégration est là : nouer des liens dès l’arrivée.

Je pense retourner exercer à la réunion : la plupart des orthophonistes sont des métros ! Or les enfants sont très tôt baignés dans la langue créole, et certains la parlent plus souvent que le français, qu’ils délaissent quelque peu. Ils cumulent parfois de nombreuses lacunes linguistiques durant leur scolarité. J’ai personnellement baigné très tôt dans cette culture créole, qui est une formidable richesse, et je pense que ça peut être un atout pour exercer mon futur métier. J’ai bon espoir : après avoir obtenu 3 admissibilités, je compte réussir mes entretiens d’admission et entrer en école. Dans tous les cas cette expérience aura été pour moi extraordinaire. Je la recommande vivement !

 Mélina, Martinique, étudiante à IRSS Nantes

Après mon baccalauréat, j’ai réalisé 2 années de licence en biologie et biochimie à l’université de Martinique. J’ai peu accroché à ces disciplines et j’ai décidé de me réorienter. J’ai découvert l’orthophonie et recherché une école préparatoire. Il existe des prépas en Martinique, mais je ne voyais pas l’intérêt de rester dans les Antilles alors que, dans tous les cas, il faudrait bouger pour passer les concours. J’ai donc cherché une prépa en métropole. Le choix était large ! Mais j’ai choisi l’IRSS à cause de ses taux de réussite et de la réputation de sérieux qui entoure cette école. Je me suis installée à Nantes (ville que je connaissais déjà pour l’avoir visitée) en juillet.

J’avais un peu d’appréhension au début : c’est la première fois que je commence une année scolaire sans mon entourage familial et la vie en métropole n’est pas du tout la même qu’en Martinique. En plus la prépa impose un rythme de travail très soutenu… J’avais confiance en moi mais il faut bien se connaître pour se lancer dans cette aventure. Finalement tout s’est bien passé. Je me suis bien intégrée dans l’école, qui nous prend en charge et nous accompagne dès le début.

La difficulté a surtout porté sur la prépa en elle-même : les horaires à l’IRSS ne sont pas les mêmes que celles que j’avais connu à l’université et il faut tout de suite se mettre au travail. De ce point de vue, j’étais dans le même bain que les autres ! Mais tout est bien organisé et le suivi fait qu’on s’adapte rapidement. Les profs sont très impliqués, ils prennent en compte chaque élève. On voit qu’ils aiment leur travail, ce qui nous donne envie de travailler !

Je n’ai pas eu de problème de « déracinement », ni même de difficulté face à la météo ! J’ai trouvé les saisons agréables et le climat plutôt clément… Je m’attendais à pire !

En plus je suis rentrée à Noël alors que je ne m’y attendais pas : c’était le cadeau offert par mes parents pour retrouver toute ma famille. Cette petite quinzaine a été une belle coupure, surtout avant le marathon de concours. Je rentre début juillet, après mes oraux, mais je resterai ensuite 5 ans en écoles (j’ai déjà deux admissibilités).

Une fois diplôme en poche, Je pense rentrer en Martinique pour pratiquer mon métier : nous manquons des professionnels aux Antilles ! Les orthophonistes sont rarement antillais… cela pose de gros problèmes avec les personnes âgées qui ne s’expriment qu’en créole. Organiser des séances qui ne se déroulent qu’en français ne leur apporte pas grand-chose. Bien sûr tout le monde parle la « langue de Molière » en Martinique, mais au quotidien beaucoup de gens âgés ne la pratiquent pas. Il faudrait adapter des séances pour cette patientèle.

Clara, Martinique, étudiante à IRSS Nantes

J’ai obtenu un bac S en 2016 avant d’entrer à l’université en licence d’histoire. Même si j’ai validé cette première année, j’ai décidé d’aller vers le projet que j’avais en tête depuis un moment : l’orthophonie….

Il a donc fallu se renseigner sur les prépas. J’avais le choix sur toute la Métropole !  J’ai fouillé sur les forums, sur Facebook, un peu partout et le nom d’une prépa revenait en permanence : IRSS. J’ai passé des entretiens dans d’autres écoles mais j’ai été admise à IRSS et c’est celle-ci qui m’a paru la plus sérieuse.

Mes parents et moi-même avons fait le choix de Nantes. Il y a un aéroport et ma mère voulait pouvoir venir plus facilement pour me rendre visite… (rires)

Je n’ai pas eu de problème d’adaptation : la charge de travail ne m’a pas semblé insurmontable et les profs étaient là pour nous accompagner. Le seul problème : l’organisation. C’est la première fois que je devais gérer le quotidien (linge, repas, ménage…) et, en cumul les cours intenses dispensés en prépa, il m’est arrivé de me retrouver débordée… J’ai toujours été dans un cocon familial ; là, il a fallu se débrouiller seule. Mais j’ai appris ! Maintenant j’ai gagné en autonomie. Je ne suis pas rentrée à Noël mais mes parents sont venus en décembre.  Heureusement nous avons des moyens de communication, dont Skype ou Facetime… surtout pour mes parents ! Les familles antillaises sont très protectrices et je dois envoyer des messages tous les jours : ma mère risque autrement d’appeler la gendarmerie (rires) !

J’ai adoré ma prépa et si je ne décroche pas mon concours cette année, je redoublerai à IRSS. J’irai au bout pour réaliser mon projet !

 

 

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