Le concours orthophonie de A à Z

A comme « APB (admission post-bac) »

Faut-il passer par admission post-bac pour entrer en école d’orthophonie ?

Non, le portail de l’éducation nationale ne permet pas une inscription sur dossier. Il faut directement s’inscrire au concours dans l’une (ou plus !) des 18 écoles qui préparent le diplôme en France. Même l’inscription en prépa concours à l’IRSS ne requiert aucune démarche via APB. Il faut envoyer son dossier de candidature à partir de fin-décembre début janvier. Une quinzaine de jours plus tard, si la réponse est positive, l’étudiant est convoqué pour un entretien de motivation au terme duquel il reçoit une réponse pour son inscription en école.

B comme « Baccalauréat »

Quel est le meilleur baccalauréat pour obtenir un concours d’entrée en école d’orthophonie ?

Difficile de répondre de manière catégorique à ce type de question. Tout dépend de l’histoire et de la personnalité du candidat ! Quelqu’un de curieux, travailleur, déterminé, ouvert aux autres, passionné par la langue, la culture et le métier, réussira ce gymkhana, quel que soit son baccalauréat. C’est pour cette raison que l’IRSS examine toutes les candidatures de manière globale, et non sur des critères « couperets » (on ne considère pas que tel baccalauréat est requis a priori, que telle moyenne est obligatoire).
Ceci étant dit, les statistiques plaident plutôt en faveur des baccalauréats généraux, certaines écoles privilégiant les bacs S via leur mode de sélection (Marseille, Poitiers, Rouen), d’autres les bacs L et ES (Lille, Caen, Montpellier).

C comme « Concours »

Qu’est-ce qui différencie le concours d’un examen comme le bac ?
Comment ces concours sont-ils organisés ? Sur quels critères ?

Un concours n’est pas un examen : les deux types d’évaluation ne fonctionnent pas de la même manière et ne visent pas les mêmes objectifs.
Un examen, comme celui du baccalauréat, sanctionne un apprentissage : il valide, ou invalide, les acquis d’un parcours scolaire dont il constitue l’achèvement.
A contrario, le concours sélectionne : il classe les candidats afin de discriminer les « meilleurs » dans les matières proposées.
A ce titre, le concours d’entrée en école d’orthophonie constitue, pour de nombreux candidats, une épreuve difficile, un véritable « parcours du combattant ». 18 écoles, réparties sur toute la France, proposent un concours. Mais aucune d’entre elles ne l’organise de la même manière que ses consœurs… Les sujets y sont dans la plupart des cas très différents, tant dans la diversité des matières proposées que dans leurs modalités d’exécution (temps, coefficient, « esprit » des épreuves…).
A l’écrit, si la langue française, surtout dans ses aspects formels (orthographe, lexicologie, grammaire…), reste la matière première incontournable du concours dans toutes les villes, de nombreuses « disciplines » y trouvent aussi une place plus ou moins importante : culture générale encyclopédique, épreuves rédactionnelles, logique mathématique, culture scientifique et biologie… Le candidat aux concours se doit de briller dans tous les compartiments du jeu ! Et encore ne s’agit-il là que des épreuves écrites : les oraux s’avèrent aussi compliqués à manœuvrer, mais pour d’autres raison que les écrits. Là, le candidat doit passer des épreuves techniques (boucle audition phonation), manifester sa motivation pour le projet et mettre en avant les traits saillants de sa personnalité…
Pour difficile qu’il soit, le concours orthophonie n’a rien à voir avec celui de la PACES (première année commune aux études de santé) : quelqu’un de motivé, de déterminé, de rigoureux, de discipliné dans son organisation et sa méthode peut réussir le concours d’entrée en orthophonie avec un niveau seulement correct, et même sans mention. C’est plus compliqué en PACES…

D comme « Diplôme »

Certains diplômes (licence de lettres ou de psycho) donnent-ils droit à des équivalences ?

Depuis septembre 2013, la formation d’orthophoniste s’est « masterisée » : elle est portée à 5 ans, soit 10 semestres, chaque semestre validant 30 ECTS (European Credits Transfer System). Les études sont désormais harmonisées entre tous les centres universitaires de France. Un diplôme d’exercice professionnel d’orthophoniste, reconnu au grade de Master, est délivré à l’issue de ces études.

  • 180 ECTS sont acquis après 3 ans de formation. Ce niveau Licence ne permet pas d’exercer le métier d’orthophoniste.
  • 120 ECTS sont acquis les 2 années suivantes. Seule la réussite à ces 2 années donne la possibilité d’exercer la profession d’orthophoniste.

Les avantages de ce diplôme sont nombreux :

  • La rémunération des orthophonistes devrait augmenter après négociation entre les organisations professionnelles et l’assurance maladie ;
  • Les études d’orthophonie entreront dans le schéma LMD, l’obtention du Master permettant un accès facilité aux écoles doctorales, et donc à la recherche.
  • Le master devrait faciliter la mobilité dans l’espace européen : il est construit sur la validation d’ECTS, des crédits d’enseignements transposables au niveau européen.
  • Les ECTS seront transposables pour d’autres diplômes

Attention cependant ! Malgré ce cursus en 5 ans, les étudiants sortants n’obtiendront pas un « Master en Orthophonie » mais un Certificat de Capacité en Orthophonie, Grade Master, (ce grade Master consistant en la reconnaissance des 5 années d’études).

E comme « Etudiant »

Les élèves inscrits en prépa concours orthophonie à l’IRSS jouissent-ils du statut étudiant ?

L’IRSS est une école inscrite auprès du rectorat comme établissement supérieur privé hors contrat. Les étudiants ne bénéficient pas du régime étudiant : ils ont un statut scolaire qui leur ouvre de nombreux droits. Ils ne peuvent adhérer à la sécurité sociale étudiante (ce qui, en l’occurrence, constitue plus un avantage qu’un problème au regard des dysfonctionnements dont se rendent coupables les caisses…), sauf s’ils étaient inscrits en faculté l’année précédente. Ils ne peuvent, non plus, obtenir de bourses. Pour le reste, les élèves inscrits en classe préparatoire possèdent les mêmes droits (fiscaux, sociaux…) que les autres étudiants.

F comme « Formation »

Comment se passe la formation une fois le candidat entré en école ?

Depuis 2013 et l’accession au grade master, les études ont changé. Les universités délivrent désormais 3 158 h de théorie. Les étudiants, de leur côté, effectuent 2 040 h de stage réparties sur les 10 semestres.

  • 180 ECTS sont acquis après 3 ans de formation. Ce niveau Licence ne permet pas d’exercer le métier d’orthophoniste.
  • 120 ECTS sont acquis les 2 années suivantes. Seule la réussite à ces 2 années donne la possibilité d’exercer la profession d’orthophoniste.

Les unités d’enseignements sont désormais structurées comme suit :

  • UE 1. Sciences humaines et sociales
    Etude des sciences du langage (linguistique, phonétique…), de la psychologie, des sciences de l’éducation et des sciences de la société.
  • UE 2. Sciences biomédicales
    Etude de la biologie, des neurosciences, de l’oto-rhino-laryngologie, de la pédiatrie et des troubles du développement, de la gériatrie, de la psychiatrie et de quelques notions de pharmacologie.
  • UE 3. Sciences physiques et techniques
    Physique générale et acoustique, imagerie, explorations et investigations médicales.
  • UE 4. Orthophonie : la profession
    Cette UE permet d’aborder l’histoire de l’orthophonie et sa place dans le système de soin en France.
  • UE 5. Pratiques professionnelles
    Cette UE regroupe tous les enseignements qui concernent les pathologies, leur bilan et leur rééducation, ainsi que la prévention
  • UE 6. Formation à la pratique clinique
    Cette UE regroupe tous les stages de la formation
  • UE 7. Recherche en orthophonie
    Cette UE contient les enseignements pour le mémoire, sa préparation et son élaboration
  • UE 8. Compétences transversales
    Cette UE regroupe à la fois les langues, le C2i (certification informatique et internet), des formations aux premiers secours et la communication avec le patient et l’entourage
  • UE 9. Santé publique
  • UE 10. Évaluation des pratiques professionnelles
  • UE 11. Séminaires professionnels
    Ils ont lieu en dernière année et peuvent toucher à des sujets très divers en lien avec l’orthophonie
  • UE 12. UE optionnelles obligatoires

Les Unités d’Enseignement (UE) dites optionnelles obligatoires sont des UE librement choisies qui permettent à l’étudiant de suivre un parcours axé sur la recherche ou de découvrir d’autres enseignements en lien avec l’orthophonie. Selon l’université, on pourra retrouver de la musique, de la langue des signes, des neurosciences, entre bien d’autres choix. Cela permet à l’étudiant de personnaliser son parcours.

G comme « Gymkhana »

Un « gymkhana », quèsaco ?

Ce mot d’origine indienne (et repris par les britanniques) se révèle intéressant à double titre. Dans sa forme d’abord : son orthographe difficile (la présence des lettres « y » et « h » dans sa constitution) inspire régulièrement les concepteurs des épreuves au concours…
Dans sa signification, ensuite, puisque le terme définit une course-jeu à obstacle, un parcours hérissé de difficultés qu’il est nécessaire de lever pour gagner. Une expérience parfaitement en phase avec la réalité vécue par les étudiants en lice pour le concours d’orthophonie…

H comme « Humour »

Les sujets du concours sont-ils bien réalisés ? Sont-ils sérieux ?

Quand on regarde de près les annales, il faut bien en convenir : certains concepteurs sont plus sérieux que d’autres ! Des sujets avec des épreuves bien adaptées, parfaitement calibrées pour sélectionner des candidats sur des critères multiples (connaissance de la langue, raisonnement, etc…) coexistent avec des sujets plus surprenants voire humoristiques ! Et c’est la diversité de ces sujets qui fait toute la richesse du concours orthophonie.
Exemple :
Combien faut-il de coqs pour que x poules pondent etc… Evidemment nul besoin de lire le reste de la question : une poule n’a pas besoin d’un coq pour pondre !
Autre exemple :
NON
Le titre de cet exercice est-il la réponse à la question « le titre de cet exercice possède-il un centre de symétrie ? »
Cette question ne manque pas de piquant et donnerait même le tournis…

I comme « Inscription »

Comment se passent les inscriptions au concours ? A combien de concours faut-il s’inscrire pour optimiser ses chances de réussite ?

Là encore, difficile de répondre à cette question de manière catégorique. Les dates ne se chevauchent normalement pas (au moins pour les écrits) et les candidats ont la possibilité de passer au moins 16 épreuves ! C’est trop : en la matière, ce trop peut s’avérer l’ennemi du bien. A l’IRSS, les étudiants sont conseillés, orientés en fonction de différents critères.

  • Le type de concours (il convient de repérer quelles épreuves conviennent le mieux à quelles personnes)
  • L’enchaînement des dates de concours (il faut éviter le stress et la fatigue en passant son temps dans les transports)
  • Les frais occasionnés (ils sont souvent de 80 euros pour l’inscription, auxquels il faut ajouter la logistique… l’IRSS organise des cars et prévoit des nuits d’hôtel qui réduisent considérablement les coûts annexes)

En règle générale, les étudiants passent entre 8 et 12 concours entre février et mai.

J comme « Jour J »

Comment se déroule une épreuve ? Doit-on se préparer spécifiquement à ce « jour J » ?

La difficulté du concours ne tient pas seulement au travail qu’il requiert, à l’entraînement qu’il impose : tout ce que les étudiants ont appris ne servira à rien s’ils ne sont pas capables de l’optimiser le « jour j ». Les dispositifs sont différents d’une école à l’autre pour l’organisation des épreuves. Mais toujours on repèrera un contingent de 1500 à 3000 candidats, parfois regroupés dans un même lieu : voilà qui peut faire monter la pression et faire perdre leurs moyens aux plus « fragiles ». le mot d’ordre est simple : il ne faut pas perdre ses moyens en situation ! Et ce moment clé de l’épreuve se prépare.
Malgré tout trop de candidats le négligent, estimant que les réponses découleront « naturellement » du travail effectué en amont. Cette erreur d’appréciation grossière peut coûter cher : de multiples éléments « perturbateurs » risquent en effet d’influer négativement et sont susceptibles d’annihiler une année entière de préparation…
En concours, aucun détail ne doit être laissé au hasard.
Pour réussir, il faudra :

  • Ne pas se laisser perturber par les besoins primaires. Ce qui suppose de bien s’alimenter (en quantité et qualité), de veiller à arriver « frais et dispo » sur les lieux de concours. De nombreux exercices appellent des capacités de concentration et d’attention qui seront perturbées si vous n’êtes pas reposé(e).
  • Ne pas laisser les émotions et le stress vous submerger. Pour les plus stressés, il s’agira de se prémunir contre ses tendances à angoisser (sophrologie en cours d’année), arriver plus tôt sur les lieux de concours, ne pas être « ric-rac » pour en partir (sinon on pense plus à prendre son train qu’à bien travailler).
  • Construire sa réponse de manière rationnelle. Il faudra prendre confiance soi en se donnant un « protocole de prise en charge » des sujets (gérer la montre, lire les énoncés avec un Stabilo en main) et un protocole de prise en charge de la réponse (sur tel type de question je m’astreins à répondre de telle manière sans en déroger et sans me laisser perturber par mon manque de confiance). Plus vous aurez anticipé les difficultés, mieux vous pourrez les résoudre.

L’IRSS organise un programme d’entraînement qui tient compte des 3 paramètres de la réussite :

  • Une organisation optimale en cours (transmission et réception des éléments clés)
  • Un dispositif d’entraînement chez soi (programme d’entraînement fondé sur la gestion mentale)
  • Un confort et coaching pour le jour j : des cars et une réservation d’hôtellerie pour éviter le stress, une préparation aux « aléas » de l’épreuve

K comme « Kilomètres »

Les étudiants ne sont-ils pas usés par les kilomètres effectués lors du passage des concours ?

La période de février à fin mai est riche en voyages pour les candidats aux concours d’entrée en école d’orthophonie… La possibilité de passer plusieurs épreuves dans une année permet d’éviter la sanction d’un concours « couperet » : en passant différentes villes, on se donne le droit de ne pas être au top sur une seule épreuve. Les candidats au concours PACES en savent quelque chose, eux qui doivent tout donner pour éviter le moindre faux pas dans une seule matière.
Cette possibilité de rattrapage a un « prix (au propre, comme au figuré…) : celui de sillonner notre belle France en tous sens pour aller passer les écrits dans de nombreuses villes, puis y retourner, car c’est le but, pour les oraux. Estimation du nombre de kilomètres effectués par un candidat Nantais qui passerait 10 concours :
Nantes – Nantes : 0 Km (jusqu’ici, tout va bien)
Nantes – Toulouse : 465 km
Nantes – Strasbourg : 861 km
Nantes – Lyon : 684 km
Nantes – Bordeaux : 345 km
Nantes – Poitiers : 220 km
Nantes – Lille : 600 km
Nantes – Amiens : 410 Km
Nantes – Montpellier : 583 Km
Nantes- Caen : 291 Km
4459 kilomètres pour l’aller, donc près de 9000 kilomètres rien que pour les écrits… le bilan carbone de notre candidat n’est pas très bon ! Heureusement, les étudiants ont la possibilité d’utiliser de nombreux moyens de transport

  • L’autocar (l’IRSS organise des liaisons pour les étudiants)
  • Le train (les billets « prem’s » permettent de voyager à moindre coût)
  • L’avion (via les compagnies « low coast »)
  • Le covoiturage (entre étudiants ou via Blablacar)

Même si tous ces « voyages » entraînent un coût et de la fatigue, ils permettent d’augmenter considérablement les chances de réussite.

L comme « Logique »…

Que vient faire la logique dans un concours censément accessible à tous les baccalauréats, même non scientifique ?

Qu’on ne s’y trompe pas : la formation d’orthophoniste s’appuie sur des disciplines scientifiques qui requièrent rigueur et méthode… Le concours d’entrée sélectionne aussi les futurs candidats sur ces critères. Les épreuves appellent de multiples compétences, dont des aptitudes logiques qui se manifestent à la fois dans la grammaire (et oui : langue et logique – logos – ont la même étymologie !) et dans les tests (qu’ils soient « psychotechniques » ou mathématiques). Pas de panique pour tous ceux qui ne possèdent pas le baccalauréat scientifique : les sujets proposés par les écoles ne font pas appel au programme de terminale S. Tout le monde peut donc réussir à condition d’être entraîné et de prendre la bonne méthode analytique. Les épreuves se répartissent en 2 catégories :

  • Les tests psychotechniques : suites numériques, alphanumériques, graphiques, dominos, Mastermind, compétences verbales, etc…. Ces épreuves ne sont pas les plus courantes.
  • Les épreuves de logique mathématiques, articulées autour de problèmes appelant des outils appris au collège et en classe de seconde : pourcentage, règle de trois, équations, inéquations, identités remarquables, règles des puissances et des racines carrées et cubiques, surfaces, volumes, unités, PPCM, PGCD, nombres premiers, suites arithmétiques, changements de base…

Les calculatrices sont interdites dans les concours : il faudra donc revoir les tables, (ré)apprendre la division et la multiplication à la main, s’entraîner au calcul « de tête »…
Souvent, d’ailleurs, les « problèmes » logico-mathématique du concours ortho tiennent moins à la complexité des calculs ou algorithmes qu’ils appellent qu’à une lecture attentive et méthodique de l’énoncé.

M comme « Mention »

Quelle mention est requise au baccalauréat pour réussir le concours ?

Une étude réalisée en 2013 sur plus de 500 étudiants entrés en école révélaient les chiffres suivants : 17% étaient sans mention, 33% avaient obtenu mention AB, 33% mention B, 15,4 mention TB et 1,6 mention excellent… Des chiffres qui montrent, là encore, une grande hétérogénéité. La diversité des bacs et des mentions est liée à la grande diversité des épreuves, à la multiplicité des modalités de sélection (langue, culture générale, maths, biologie, connaissance du secteur professionnel, motivation…). Nul n’est privilégié a priori selon son parcours scolaire. Et les oraux de sélection, particulièrement exigeants, peuvent poser des problèmes aux étudiants seulement attachés aux notes et nullement ouverts à d’autres activités.

N comme « Numerus clausus »

Qu’est-ce qu’un numerus clausus ? Comment opère-t-il en école d’orthophonie ?

Un numerus clausus (en latin « nombre fermé ») définit une limitation, fixée en principe d’après les besoins à pourvoir, du nombre des sujets admis à certaines fonctions ou du nombre des candidats qui seront reçus à un examen.
Tous les ans, les pouvoirs publics fixent le nombre de places proposées en école d’orthophonie. Chaque université reçoit du ministère la décision du nombre d’étudiants qui pourront être admis en première année.
En 2014, la France comptait environ 22000 orthophonistes en exercice.
Dans le même temps, l’ensemble des écoles proposait 813 places au concours. La répartition s’organisait comme suit :
Amiens : 30 ; Besançon : 25 ; Bordeaux : 30 ; Caen : 20 ; Lille : 120 ; Limoges : 20 ; Lyon : 95 ; Marseille : 38 ; Montpellier : 35 ; Nancy : 40 ; Nantes : 43 ; Nice : 32 ; Paris : 130 ; Poitiers : 25 ; Rouen : 20 ; Strasbourg : 35 ; Toulouse : 36 ; Tours : 39
A elles seules, les trois écoles de Paris, Lille et Lyon totalisent 345 places, soit 42% des effectifs totaux. Difficile de faire l’impasse sur ces établissements pour qui se lance dans l’aventure des concours…

O comme « Oral »

Comment sont organisés les oraux ? Peut-on s’y « préparer » ?

En premier lieu, seuls les admissibles aux épreuves écrites iront se présenter aux entretiens.
Il faut donc préalablement passer la première « barre » d’épreuves…. Les oraux des concours peuvent se présenter sous des formes très diverses. Pour aller vite, quatre types d’épreuves sont proposées :

  • Les épreuves individuelles dites « techniques » (voir ci-dessous « phonation »)
  • Les épreuves individuelles de « projets professionnels »
  • Les épreuves individuelles de « personnalité »
  • Les épreuves collectives

Les 18 écoles, répétons-le, organisent ces oraux selon des modalités qui leur sont propres et selon des barèmes très variables.
Quoi qu’il en soit, partout où ils pourront être admissibles, les étudiants devront défendre un projet (qu’ils adosseront à un parcours) et une personnalité (des savoir-faire et des savoir-être) dont la richesse (talent, créativité, alacrité…) constituera un « plus » indéniable pour convaincre (et séduire !) le jury.
Il ne saurait être question de se préparer à « tromper » les examinateurs en prenant un masque : une préparation (du moins telle que l’IRSS la conçoit et l’organise) vise à prendre confiance en soi, dans son parcours, son histoire, son projet, sa personnalité… afin de proposer avec sincérité tous ces éléments aux examinateurs. Les oraux se préparent très en amont, tôt dans l’année : il faut mûrir son projet pour bien en parler (« ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément » comme le formulait Boileau…), le nourrir aussi (avec des stages, du bénévolat…) et cette construction prend du temps. Les étudiants bâtissent pas à pas un projet professionnel qui se doit d’être solide (étayé, argumenté) et personnel (lié à l’histoire et la sensibilité de chacun).

P comme « Phonation »

On nous dit qu’il faut une « boucle audition-phonation » impeccable pour présenter le concours. Qu’est-ce que cela signifie ?

Chaque année, des étudiants sont « recalés » lors des oraux des concours par des orthophonistes composant leur jury. Ces derniers décèlent, chez les candidats, des troubles de l’articulation, de la déglutition, de la phonation, etc. Dans la mesure où, dans la plupart des prises en charge de patients, l’orthophoniste est amené à servir de « modèle » pour que le patient s’approprie un nouveau mode de fonctionnement qui ne soit pas défaillant, il est requis des futurs professionnels qu’ils n’aient pas de difficultés ORL (une déglutition dite « atypique » par exemple ou une surdité moyenne qui n’aurait pas été dépistée auparavant).
Les intervenants de l’IRSS (professeurs ou jurys « blancs » des oraux) invitent fortement les élèves à réaliser un bilan ORL et si besoin un bilan orthophonique dès les premiers mois de la classe préparatoire afin de s’assurer l’intégrité de certaines structures comme la boucle audio-phonatoire.
La plupart des concours d’orthophonie comporte un volet de tests psychotechniques pour l’oral (rétention d’empans de chiffres, de lettres, lecture et écriture de logatomes, explications de proverbes, lecture à haute voix, chant, récitation de poème, etc.). Un entraînement régulier est intensif est proposé aux étudiants en classe prépa ortho de l’IRSS afin qu’ils soient prêts et performants le jour J sur ces aspects du concours.

Q comme « QCM »

Les épreuves écrites se présentent-elles toutes sous forme de QCM ?

Les questions à choix multiples sont devenues l’exercice privilégié par les écoles. Cette tendance s’explique aisément : il s’agit à la fois de faire des économies de temps et d’argent (une machine corrige…) et de rester équitable (le QCM ne laisse aucune place à la subjectivité).
Le plus souvent, les écoles intègrent tout de même une épreuve rédactionnelle (voire plusieurs) qui n’est corrigée que si l’étudiant possède une note minimale aux tests préalables de QCM. C’est le cas à Bordeaux, à Tours, à Lyon, à Strasbourg…
Parfois les dictées, dissertations ou synthèses sont liées à l’épreuve orale (comme à Toulouse, Montpellier, Nantes…)
Impossible, donc, de faire l’impasse sur l’entraînement aux épreuves « rédactionnelles »…

R comme « Rédactionnel »

Comment se déroulent les épreuves dites « rédactionnelles » au concours orthophonie ?

Les concours d’entrée en école d’orthophonie comprennent des épreuves rédactionnelles de types variés. Dissertation, résumé de texte, commentaire, synthèse de documents… Le tout en des temps et selon des modalités qui varient selon les écoles, voire les années… Toutes ces épreuves ont pour objectif d’examiner les aptitudes des candidats à analyser, argumenter, ou synthétiser des textes dont la longueur et la complexité sont variables. Elles permettent également aux examinateurs d’apprécier les qualités linguistiques et rédactionnelles des candidats autant que leur faculté à organiser leur pensée.
Le temps imparti diffère d’une épreuve à l’autre, toutefois : il est le plus souvent limité et impose un rythme soutenu (1h30 pour une synthèse de 15 documents, 1h15 pour un résumé et une dissertation…).
Les examinateurs portent aussi leur attention sur la maturité des candidats, leur culture générale et leur ouverture d’esprit. Il est donc impératif de suivre l’actualité et de se documenter dans tous les domaines susceptibles d’être abordés dans les sujets.
Dans tous les cas on ne saurait se lancer dans le concours orthophonie sans une relative maîtrise de la rédaction. Il ne s’agit nullement de présenter des qualités stylistiques exceptionnelles : seulement d’être capable de rédiger dans un français correct et sans faute.

S comme « Sujet »

Peut-on garder les sujets des années précédentes ?

Cela dépend : selon les établissements, les politiques en la matière ne sont pas les mêmes.
De nombreuses écoles gardent précieusement les sujets des années précédentes (Besançon, Lyon, Poitiers, Tours) ; d’autres les laissent sortir (la majorité des écoles), d’autres encore les ramassent pour que les associations d’élèves orthophonistes puissent les vendre et faire vivre leur bureau (Amiens, Nantes, Montpellier).
Evidemment les élèves de l’IRSS s’entraînent sur tous les sujets : même si les annales sont introuvables, les candidats issus de notre école sont assez nombreux pour reconstituer le sujet après coup : magie de la mutualisation des forces !

T comme « Terrain de stage »

Peut-on effectuer des stages durant l’année qui précède le concours ?

Oui et… non ! Les orthophonistes ne sont pas censés recevoir en stage des personnes qui ne seraient pas en école. Une directive claire est donnée en ce sens à l’ensemble des professionnels. Néanmoins certains passent outre et permettent à des étudiants en prépa de découvrir le métier « de l’intérieur ». Evidemment les étudiants qui ont eu cette chance (parlons même de privilège en l’occurrence) ne pourront pas en parler le jour de l’oral pour défendre leur projet : les jurys refusent d’entendre un candidat évoquer une expérience illégale.
Afin d’affiner leurs connaissances des métiers du soin et de mieux comprendre les problématiques auxquelles sont confrontés les patients qui s’adressent à un orthophoniste, les élèves en classe prépa ortho sont vivement encouragés à s’engager dans une association en lien avec les champs du handicap, des difficultés scolaires, etc. De même, ils sont invités à rechercher des stages courts dans les écoles, les crèches et les maisons de retraite pour se faire une idée plus précise des difficultés qu’ils peuvent rencontrer et auxquelles les orthophonistes peuvent répondre.
Ces actions permettent en outre aux étudiants d’enrichir leur expérience et de se forger une argumentation précise et solide qui convaincra le jury des oraux des concours.

U comme « Université »

Les écoles d’orthophonie sont-elles publiques ou privées ?

Les 18 écoles qui préparent au master d’orthophonie sont publiques et adossées à l’université (précisément à la faculté de médecine). Les étudiants ne doivent donc s’acquitter que des frais de scolarité universitaires (frais qui dépendent du statut de chacun, selon qu’il est boursier ou non).

V comme « VAE »

J’ai fait mes études à l’étranger, quelles sont les démarches à effectuer pour pouvoir exercer en France ?

Deux cas sont à distinguer :

  • Les ressortissants de l’Union européenne (logopèdes, speech therapist) doivent remplir un dossier qui sera examiné par une commission. Après analyse dudit dossier, la commission délivre une autorisation d’exercice avec, dans certains cas, des mesures compensatoires (modules, stages).
    Attention : avec l’obtention du grade Master en France, les pratiques devraient changer. Si vous partez faire vos études en Belgique par exemple, renseignez-vous sur les modalités de retour…
  • Les diplômés d’un pays hors de l’Union européenne ne peuvent exercer en France sans diplôme européen : ils doivent donc passer le concours et suivre le cursus, comme n’importe quel autre étudiant. Dans certains cas, des dispenses sont tout de même admises une fois le candidat entré en formation.

W comme « John Wallis »

Mais qui est « John Wallis » et que vient-il faire dans un article sur le concours orthophonie de A à Z ?

John Wallis est intéressant à plus d’un titre : ce britannique né en 1616 fut un éminent mathématicien. Mais ce n’est pas pour ses travaux en sciences dures qu’il est le plus connu dans le milieu de la rééducation : on le considère comme le précurseur de la phonétique, de l’éducation des sourds… et même de l’orthophonie !
Comme Suzanne Borel-Maisonny (qui fonda l’orthophonie en France en 1964), Wallis fut un éminent phonéticien. Et comme l’abbé Charles-Michel de L’Épée (qui fonda la première école pour enfants sourds en France), Wallis développa un programme (sous forme d’un écrit resté célèbre) pour l’éducation des sourds-muets. Il mit même en pratique ses théories phonétiques pour prendre en charge des troubles dylalliques. Et tout cela dès XVIIième siècle. Chapeau, monsieur Wallis !

X comme « Syndrome du X fragile »

Qu’est-ce que cette maladie ? S’agit-il d’une pathologie que l’orthophoniste peut prendre en charge ?

Les pathologies dont l’orthophonie peut s’occuper sont extrêmement nombreuses ! Des syndromes mentaux aux pathologies neurologiques en passant par les troubles de l’élocution : on n’en finirait pas d’énumérer les tableaux cliniques dont les professionnels peuvent, à un moment ou à un autre du processus de rééducation, s’occuper. Evoquons, pour exemple, le syndrome du X fragile, appelé aussi syndrome de Martin-Bell. Cette anomalie héréditaire du chromosome X constitue une maladie génétique entraînant des retard mentaux allant des troubles de l’apprentissage jusqu’à des déficiences plus sévères. La maladie, qui touche principalement les garçons (les filles, avec deux chromosomes X, peuvent compenser celui qui est défectueux), est prise en charge (entre autre) par les orthophonistes, qui peuvent utiliser les aptitudes de la personne (les facultés visuelles par exemple) pour progresser au quotidien.

Y comme « Chromosome Y »

Le chromosome « Y », qui détermine le sexe masculin, est-il définitivement absent de la profession d’orthophoniste ?

Il faut en convenir : l’orthophonie est une profession à dominante féminine. Les femmes y sont (archi)majoritaires puisqu’on compte seulement 4% d’hommes ! Il suffit de se promener dans les travées d’une épreuve de concours pour comprendre que les choses ne sont malheureusement pas près de changer. L’IRSS ne fait pas exception : en 2014, seuls 3 garçons figuraient dans les effectifs sur… 175 étudiants ! Et pourtant rien ne prédestine plus les femmes à exercer cette profession que les hommes ! Il faut se défaire de cette image surannée d’une professionnelle en soutien éducatif et scolaire ! Les orthophonistes ont développé des pratiques diversifiées (voir infra) qui requièrent des compétences que les hommes auraient tout loisir d’exercer. Des places sont à prendre, messieurs, pour se lancer dans cette belle profession. Osez !

Z comme « Zézaiement »

L’orthophoniste est-elle amenée à ne rééduquer que les troubles infantiles, comme le zézaiement ?

Si la profession a été réformée au niveau mastère, c’est justement pour permettre aux futurs professionnels de se former à l’ensemble des pathologies et des publics, de plus en plus diversifiés ! On trouve désormais des orthophonistes dans (presque) tous les services et pour tous les publics ! Néonatologie, réadaptation fonctionnelle, IME, oncologie, gérontologie : il faut se défaire de cette image fausse d’une orthophonie exclusivement tournée vers la « béquille scolaire », soutien des enfants ayant des problèmes d’élocution (comme le zézaiement…), des dyslexies ou des retards de langage. Cette dimension existe, bien sûr, et constitue même un champ des plus intéressants. Mais il n’est pas exclusif ! L’orthophoniste rééduque (ou optimise) la voix, le chant ; elle rééduque à la déglutition (situation complexe) et à bien d’autres problématiques encore. Cette profession jeune n’en finit pas de trouver de nouveaux terrain d’exercice, de nouvelles prises en charge. Cet éclectisme rend son exercice passionnant et nullement routinier. Qu’attendez-vous pour vous lancer ?

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