Témoignage de Céline en Prépa Orthophoniste à Tours

J’ai obtenu un baccalauréat scientifique à la Réunion avec une mention « Bien ». Depuis le début de ma terminale, je savais que je voulais devenir orthophoniste. J’ai fait des recherches sur le métier et sur les conditions d’accès et j’ai découvert que j’étais obligée de partir pour étudier.

C’est un choix qui doit longuement se penser et se soupeser : il y a le côté financier, bien sûr, qui n’est pas anodin, mais aussi l’aspect familial et personnel.  C’est pour cela qu’il ne faut pas se lancer sur un coup de tête mais avec un vrai projet : j’ai rencontré des professionnelles qui m’ont confirmée dans ma voie et je sais, désormais, que c’est dans ce métier que je serai épanouie plus tard. Mon départ était donc mûrement réfléchi. Les possibilités d’études sont restreintes à la Réunion, et je ne voulais pas brider ma vocation en me cantonnant aux seules écoles présentes sur notre île.

Il a donc fallu effectuer des démarches pour entrer en prépa. J’ai connu IRSS en faisant des recherches sur Internet. J’ai appelé une vingtaine d’écoles sur toute la France : comme je n’ai d’attache nulle part en métropole, je n’étais pas limitée sur un territoire. Je voulais être certaine de ne pas me tromper. En discutant avec les secrétaires, les responsables pédagogiques ou les directeurs de structure, j’ai porté mon choix sur IRSS. Beaucoup d’écoles que je contactais ne semblaient pas connaître le concours ou bien avaient des organisations un peu bancales. IRSS propose des cours jusqu’en mai, 30 heures par semaine, avec des concours blancs hebdomadaires. Cela m’a tout de suite plu. En plus très peu d’établissements recrutent leurs candidats après une sélection, ce qui traduit un manque de sérieux. L’IRSS m’a proposé un rendez-vous par Skype après l’envoi de mon dossier de candidature et j’ai été admise après un entretien très poussé, très construit, de plus d’une heure. Enfin on testait ma motivation et mes compétences ! Je sentais que j’avais affaire à des spécialistes ! Quand on est à des milliers de kilomètres, il faut se sentir en confiance.

En arrivant à Tours, j’ai eu le sentiment de perdre tous mes repères : on trouve peu de reliefs dans la Région Centre et la météo, en automne, devient vite assez froide. Tout le contraire de la Réunion ! Il faut s’y préparer psychologiquement ! Quand vous ajoutez l’éloignement des proches et le travail lié à la prépa… Tout cela requiert un bon mental, dès le départ.

Mais, passé ces premières sensations, le déménagement en métropole apporte beaucoup : l’autonomie, d’abord, parce qu’il faut apprendre à s’assumer seule ; les capacités de travail, ensuite, qu’on développe grâce à la prépa et loin des distractions de son entourage.

A tous les ultramarins qui se posent des questions, je recommande de bien réfléchir à leur projet, savoir pourquoi ils partent, mais une fois l’objectif fixé et réfléchi, il faut qu’ils se lancent, sans hésiter. L’expérience qu’on acquiert en venant en métropole pour une école sérieuse comme IRSS permet de progresser dans la scolarité bien sûr, mais aussi dans la vie. Quand je rentre à la Réunion, je ne vois plus les choses de la même façon : j’ai beaucoup changé, mûri et pris du recul. La métropole offre des opportunités culturelles, des rencontres, des ouvertures que nous n’avons pas toujours dans notre vie insulaire.

Autre conseil aux étudiants des outre-mer : allez vers les autres. J’ai fait de très belles rencontres dans la classe, un petit groupe d’amies très fidèles qui me soutiennent et avec lesquelles je peux échanger. Je ne me suis jamais isolée ni sentie seule… Je le dis parce que je sais que les Réunionnais peuvent être timides une fois sortis de l’île, ne pas se sentir à l’aise dans un environnement inconnu. La clé d’une bonne intégration est là : nouer des liens dès l’arrivée.

Je pense retourner exercer à la réunion : la plupart des orthophonistes sont des métros ! Or les enfants sont très tôt baignés dans la langue créole, et certains la parlent plus souvent que le français, qu’ils délaissent quelque peu. Ils cumulent parfois de nombreuses lacunes linguistiques durant leur scolarité. J’ai personnellement baigné très tôt dans cette culture créole, qui est une formidable richesse, et je pense que ça peut être un atout pour exercer mon futur métier. J’ai bon espoir : après avoir obtenu 3 admissibilités, je compte réussir mes entretiens d’admission et entrer en école. Dans tous les cas cette expérience aura été pour moi extraordinaire. Je la recommande vivement !

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