Vous passez vos oraux de sélection aux concours carrière sociale ? Les conseils clés d’une spécialiste pour ne pas rater cette épreuve décisive.

Anne-Eva LEBOURDAIS, formatrice et responsable de la préparation aux épreuves orales d’IRSS, prodigue les conseils clés pour réussir les entretiens de sélection des concours d’Éducateur Spécialisé, Assistant de Service Social, Éducateur de Jeunes Enfants ou Moniteur-Éducateur. Les oraux imposent, en effet, au candidat de déployer des compétences personnelles, des savoir-être et des savoir-faire qui l’engagent au-delà des seules aptitudes rédactionnelles ou scolaires. Interview d’une spécialiste, référente pédagogique à IRSS et rédactrice de très nombreux ouvrages sur la question aux éditions Elsevier-Masson.

  •  Les épreuves orales de ces sélections en carrières sociales ont principalement lieu lors des mois d’avril et de mai. Auriez-vous quelques conseils à donner aux candidats convoqués à un entretien individuel ?

Oui, il y a plusieurs conseils que je peux donner à ces candidats pour qu’ils préparent leur rencontre avec le jury.  

Le premier conseil serait de soigner sa présentation initiale. En effet, la plupart des entretiens commencent par un temps de parole libre (généralement 5 à 10 minutes) laissé au candidat afin qu’il puisse se présenter au jury et expliquer de quelle manière il a construit son projet professionnel.

Ce moment est décisif. Si le candidat s’est préparé, il saura mettre en avant un projet construit et argumenté et le jury percevra immédiatement que le candidat a pris le temps de laisser mûrir son choix et qu’il a profondément réfléchi à son orientation. Cette présentation structurée va éveiller l’intérêt des jurys qui auront dès lors à cœur d’utiliser le temps d’entretien restant pour découvrir la personne qui est en face d’eux.

Ensuite, j’évoquerai le fait de bien connaître les autres métiers de l’accompagnement et de l’aide à la personne. De nombreux métiers possèdent ui ont des similitudes évidentes avec les professions du travail social (psychologue, infirmier, professeur des écoles, ergothérapeute, juge des enfants, assistant maternel, psychomotricien…). Si le candidat les connaît mal et ne sait pas expliquer au jury quelles sont les différences significatives qui ont conduit son choix, il donnera l’impression d’une orientation précipitée et d’une motivation floue. Le désir d’être utile et d’aider les autres ne peut suffire à expliquer finement le choix de devenir Éducateur Spécialisé, Assistant de Service Social, Éducateur de Jeunes Enfants ou Moniteur-Éducateur.

Un autre aspect qui me semble important est d’explorer avec attention les contenus de la formation visée. Les candidats restent trop souvent focalisés sur leur envie d’exercer le métier et négligent de se renseigner sur les études qu’ils vont devoir suivre pour cela. Lors de l’entretien, ils ont beaucoup de mal à présenter les contenus de la formation et déclarent par exemple : « Je ne sais pas bien ce que l’on fait en formation mais de toute façon, pour avoir mon diplôme, il faudra bien que j’étudie ». C’est une réelle erreur stratégique car les jurys recherchent des personnes qui seront aptes à exercer un métier du social mais aussi des étudiants qui seront intéressés par leur formation et qui ont compris l’intérêt de celle-ci. Il faut donc savoir témoigner de sa motivation pour le métier ET pour les études. Pour cela, j’invite chaque candidat qui s’apprête à passer un entretien d’admission à regarder en détails le contenu du cursus, à le mémoriser mais surtout à faire des liens entre ce qui est étudié au centre de formation et le quotidien des travailleurs sociaux, c’est-à-dire à regarder la liste des cours et des compétences qui vont être travaillés en formation en se demandant « pourquoi ai-je besoin de savoir cela ? ».

  • Connaître le métier et les études pour lesquels on postule semble en effet essentiel mais dans le jury, il y a également souvent des psychologues. Pourriez-vous expliquer aux candidats quel est leur rôle ?

Bien sûr, d’autant plus que leur présence est parfois redouté par les candidats.

Le psychologue présent lors de l’entretien a pour mission d’évaluer la capacité du candidat à devenir travailleur social. Les questions qu’il sera amené à poser requièrent un réel travail de réflexion sur soi-même.

On ne choisit pas de consacrer sa vie à aider les autres sans raison, il faudra que le candidat puisse expliquer ses motivations profondes. De plus, ce projet nécessite de posséder des valeurs essentielles telles la bienveillance, l’altruisme, la confiance en l’autre, le respect… le jury cherchera les percevoir. Pour cela, il peut soumettre le candidat à des mises en situation, en lui demandant par exemple « que feriez-vous si l’une des personnes que vous accompagnez vous insultait ? » ou « comment réagiriez-vous face à quelqu’un qui refuse votre aide ? ».

Mon dernier conseil aux candidats portera sur l’importance d’illustrer ses propos. Ils doivent toujours chercher à être concrets et à faire vivre leurs expériences en s’y référant fréquemment. Ce dernier conseil peut s’appliquer à chacun des aspects évoqués précédemment :

  • lors de la présentation. Si le candidat dit avoir opté pour un baccalauréat économique et social parce qu’il avait envie de s’initier à la sociologie, le jury appréciera qu’il cite un chapitre du programme qu’il a trouvé particulièrement intéressant ;
  • pour comparer des métiers. Le candidat doit pouvoir donner des exemples de missions qu’il ne pourrait pas faire sans être éducateur ou assistant de service social et expliquer l’intérêt pour lui de pouvoir réaliser ces missions ;
  • pour évoquer la formation. Le candidat devra s’appuyer sur une situation précise, vue en stage peut-être, montrant dans quel contexte un travailleur social a besoin de s’appuyer sur de solides notions concernant la législation par exemple, pour faire un travail qui respecte le droit des usagers ;
  • pour parler de sa personnalité. Si le candidat déclare être une personne à l’écoute, il lui faudra trouver une situation concrète où il a su accorder du temps à l’Autre et expliquer ce que cette écoute lui a apporté.

Donner des exemples permet de ne pas être dans une simple déclaration mais de construire son propos sur une démonstration et, pour le jury, c’est autrement plus convaincant.

J’espère que ces quelques conseils seront utiles aux candidats et surtout, j’aimerais qu’ils sachent qu’il ne faut pas hésiter à se donner plusieurs chances d’entrer en formation. Le concours est sélectif car ces métiers sont très prisés par les jeunes qui vivent souvent comme une vocation leur orientation vers le secteur social, il y a donc beaucoup de candidats par rapport au nombre de places à prendre. Ne pas réussir le concours dès le premier essai ne doit pas décourager le candidat et ne signifie en rien qu’il n’est pas fait pour devenir éducateur ou assistant de service social. Les entretiens de sélection sont des épreuves ardues qui demandent d’avoir été anticipées et travaillées régulièrement pour développer toute l’aisance nécessaire lors de cette rencontre. En cela, les oraux blancs réguliers réalisés par les étudiants des classes prépa concours sociaux d’IRSS sont un moyen de se familiariser avec l’épreuve et d’apprendre à valoriser l’expérience acquise lors des 6 semaines de stage mais aussi par le bénévolat hebdomadaire et le projet d’engagement citoyen.

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