Oraux des concours de Sous-officier de Gendarmerie : deux anciens d’IRSS entrés en formation témoignent…

Lauréna et Gwenaël ont fait leur prépa Défense et Sécurité à IRSS. Ils témoignent de la difficulté des oraux du concours de Sous-officier de gendarmerie et de la nécessité de ne pas prendre à la légère ces épreuves finales. Le candidat qui a réussi ses épreuves écrites d’admissibilité passe devant un ou des psychologues qui épluchent les résultats des tests de personnalité passés avec les écrits, puis se soumettent à une épreuve d’entretien face à un jury (coefficient 7). Ils se présentent à cette épreuve avec leur CV et disposent de 10 minutes pour préparer un sujet de culture générale tiré au sort, puis de 20 minutes pour développer une réponse et exposer leurs motivations pour le métier de gendarme. Un moment redouté, souvent stressant pour les moins bien préparés. Récit de deux expériences, deux trajectoires, deux réussites.

 Les tests de personnalité remplis durant la phase écrite : attention aux contradictions !

Lauréna

« Durant la phase des écrits, il faut remplir les tests qui serviront durant la phase orale. On nous donne deux livrets successifs du même type à travailler il y a même des questions communes. Je pense que c’est pour voir si on répond bien toujours la même chose, si on est cohérent et si on se donne un rôle. On a une fiche pour noter nos réponses. Il y a 5 réponses possibles : Tout à fait d’accord, d’accord, neutre, plutôt pas d’accord, pas d’accord…

Les livrets sont toujours les mêmes, on n’écrit pas dessus et ils sont repris à la fin de l’épreuve. L’épreuve est très rapide, on ne peut pas réfléchir et certains candidats n’ont pas eu le temps de la finir… Il faut être spontané : on lit, on coche.

Je me rappelle certaines phrases : « Je suis introvertie » ; « Je respecte les règles » ; « J’aime travailler en équipe » ; « Je préfère être commandé que commandé » et plus loin on avait l’inverse « je préfère commander qu’être commandé ».

Il y avait aussi des mises en situation :  « Un ami vient chez moi et consomme du cannabis, je le mets en garde avant de prévenir les autorités. » Moi j’ai dit que je n’étais pas d’accord car c’est un ami et, dans le métier de gendarme, ils insistent beaucoup sur l’aspect préventif, la sanction c’est l’ultime recours.

« En formation, je vais être dans une chambre avec plusieurs personnes, je vais devoir m’adapter ».

« En formation, je vais être dans une chambre avec plusieurs personnes, cela va bien se passer ».

« Un chef m’ordonne de faire quelque chose d’illégal, j’obéis ».

 Cette évaluation n’est pas notée mais elle sert de support à l’oral avec le psychologue. »

Gwenaël

« Il faut faire attention à être très cohérent ! Par exemple, une phrase disait «je suis nerveux », un de mes amis a coché « pas d’accord » mais plus loin, dans le livret, il y avait une phrase qui disait à peu près : « vous êtes pris dans un embouteillage, vous savez que vous allez arriver en retard à votre rendez-vous, cela vous rend nerveux » et là, il a mis « d’accord » car il ne se considère pas comme nerveux en général mais arriver en retard, ça le stresse. Cela a été beaucoup repris dans son oral avec le psy qui lui a dit que c’était contradictoire et qui a posé beaucoup de questions pour savoir si oui ou non il était nerveux.

Il y a aussi une vingtaine de phrases avec des classements à faire selon nos priorités. Par exemple, la phrase dit « entre les amis, la famille et l’argent, le plus important pour moi c’est la famille », puis « entre les voyages, le sport, et l’argent, le plus important pour moi c’est l’argent », « entre les voyages, les amis et la famille, le plus important pour moi ce sont les voyages »… »

Les oraux face au(x) psychologue(s) : une étape forcément subjective !

Lauréna

« Étant admissible, j’ai donc passé les oraux et j’ai commencé avec le psychologue. J’ai passé mes épreuves à Bordeaux et je n’ai eu qu’un jury alors que des amis qui sont passé à Rennes avaient 2 psychologues en face d’eux.

Mon jury était très jeune, je l’ai croisé la veille lors des épreuves de sport. Il était en tenue de gendarme. Mon oral n’a pas été très poussé, cela m’a étonné car mes amis passés avant moi avec d’autres jurys avaient eu droit à de nombreuses questions sur leur personnalité : ils devaient illustrer tout leur propos, dire comment ils réagissaient dans tout un tas de situations du quotidien… Ils ont beaucoup parlé de leur famille, de la distance avec les proches qu’impose ce métier. On leur a demandé de se décrire quand ils sont en famille, un ami a dû répondre à la question « avez-vous de l’influence sur quelqu’un ? ».

Moi je n’ai eu que des questions qu’on pourrait qualifier de « basiques » quand on est bien préparé avec IRSS : mon rapport aux autres, à l’autorité, à la mort… Il écoutait ma réponse mais ne creusait pas.

C’est donc un oral qui s’est bien passé contrairement au suivant que j’ai trouvé très difficile ! C’est très subjectif :  mes amis ont estimé qu’à l’inverse leur entretien psy avait été pénible alors que le reste leur a semblé plus simple. »

Gwénaëlle

« Dès le début de mon oral, le psy m’a dit que le test ne montrait pas de problème (ce qui montre bien la nécessité de bien négocier cette première phase !) et qu’on allait discuter ensemble. Il m’a demandé pourquoi je voulais faire ce métier. J’ai eu beaucoup de questions autour de ma famille : ce que me proches pensaient de mon projet, si certains travaillaient dans ce métier, si certains avaient eu des démêlés avec la justice… On a aussi parlé du fait de moins les voir.  On a aussi parlé de moi, de mes qualités, de mes défauts, de ce qui peut me mettre en colère… »

L’épreuve de culture générale orale et d’entretien de motivation : le moment le plus redouté !

 Lauréna

« Au terme de ces épreuves, j’ai enfin passé l’épreuve de culture générale et l’entretien avec les gendarmes. Dans mon jury, ils étaient 2 : un colonel et un autre haut gradé… Ils étaient impressionnants mais je ne me suis pas sentie complètement à mon aise.

Pour la culture générale, certains centres reprennent toujours les mêmes sujets ; pour d’autres, les épreuves sont différentes à chaque fois. Sur le groupe Facebook du concours, la plupart des candidats donnent leur sujet et, comme je suis passée fin juin, j’ai travaillé sur tous les sujets qui sont sortis sur les mois de mai et juin. C’est comme ça que j’ai vu que, selon les villes, les questions pouvaient changer. J’ai remarqué qu’à Metz, il y avait très souvent des questions sur l’art et comme j’ai travaillé toutes les questions que je pouvais cela m’a aidé. Mon sujet à Bordeaux était le suivant : « l’art thérapeutique en EHPAD » ! J’ai une amie qui passait le concours infirmier en même temps que moi… Ce sujet aurait été parfait pour elle, mais pour moi… J’ai un peu galéré, j’avoue…  Mais le jury est bienveillant et m’a un guidé en me relançant avec quelques questions. En général quand l’exposé se passe très bien, le jury écoute juste et quand l’étudiant a un peu de mal, il donne quelques coups de pouce pour voir si c’est quelqu’un qui sait réfléchir mais qui est tombé sur un mauvais sujet ou si vraiment la personne galère à dire quelque chose de construit. En cas de sujet compliqué, pas de panique, donc ! Nous avions été bien préparé au sein d’IRSS à cette réalité.

Nous avons ensuite attaqué les questions liées à mon parcours et mes motivations. Très vite, sur le ton du reproche, ils m’ont demandé pourquoi je n’avais pas tenté GAV (gendarme adjoint volontaire)… Je leur ai expliqué que j’étais allée me renseigner dans mon CIR, que la personne avec laquelle j’avais échangé m’a dit qu’ayant un bac S et un bon niveau scolaire, je devais plutôt m’orienter vers le concours SOG et donc que j’avais suivi ses conseils en préparant le concours SOG. Ils n’avaient pas l’air trop convaincus mais ma réponse leur a semblé logique.

Ensuite, j’ai expliqué mon parcours depuis le bac et j’ai commencé par préparer le concours de kiné avant de me réorienter vers le métier de gendarme. Là ils m’ont interrompu en me disant : « l’an dernier, vous vouliez être kiné, cette année gendarme et l’année prochaine ? » Cela m’a un peu déstabilisé mais j’ai su correctement justifier mon projet. Ce qui m’a aidé c’est mon CV… Avoir un CV bien rempli c’est important ! Il faut faire du secourisme ou s’investir d’une manière ou d’une autre dans l’associatif. Donc un bon CV et une motivation bien argumentée. Nous sommes suivis pour préparer tout cela au sein d’IRSS.

Me concernant, côté « dress code » pour l’oral j’avais un pantalon en toile bleu marine et une chemise bleu ciel avec des chaussures de ville type derbies. Pour les filles « tout » est accepté : j’entends par là que c’est possible d’y aller en jupe tailleur, pantalon habillé ou jean noir mais toujours avec un haut habillé.

Pour les garçons en revanche le costume n’est pas une nécessité si la tenue est correcte, type pantalon en tissu ou chino et chemise obligatoire… Les cravates et nœuds sont de trop je pense. Par contre pas de jeans pour les garçons, je pense que ça fait la différence. Lors de mon oral j’ai vu un peu de tout sur les autres, et ce n’était pas le top, du style décolleté, teeshirt …

J’ai obtenu 12/20 à cet oral et j’ai pu être admise mais plutôt vers la fin du classement. Pour l’instant (un an après), j’attends encore d’entrer en formation car les entrées en formation se font dans l’ordre de la réussite, les meilleurs rentrent en formation les premiers. Là c’est très long et c’est inhabituel. Auparavant les derniers reçus sur les 2 500 recrutés entraient tout de même en formation avant noël. J’espère une incorporation en août soit 14 mois après la réussite du concours ! On ne choisit pas du tout le lieu de sa formation, c’est aléatoire, on va là où il y a de la place. »

Gwenaël

« Pour l’oral avec les 2 gendarmes, je suis entré et j’ai attendu qu’ils m’invitent à m’asseoir. J’ai commencé par la culture générale. J’ai eu une question qui parlait de l’impact des pays en voie de développement sur les autres pays… Beaucoup de mes amis ont eu des questions tournant autour de la drogue. Pour mon exposé, je me suis mis debout et j’ai utilisé le tableau Veleda à ma disposition, cela rapporte 2 points d’office ! On peut noter son plan, les mots clefs de son exposé… À la fin de l’exposé, ils ont posé quelques questions mais elles n’étaient pas difficiles.

Ensuite on a parlé du métier, de mes motivations et de mes ambitions. J’ai dit que j’avais le projet de devenir maitre-chien et ils ont posé des questions assez précises sur ce sujet. Je pense qu’il faut bien approfondir ses recherches sur les aspects qui nous plaisent pour leur montrer qu’on se projette vraiment. Ils ont aussi questionné mon parcours, notamment le fait que j’ai passé une année en STAPS. Sur mon CV, j’ai eu quelques questions… J’avais fait de l’intérim, ils ont relevé en soulignant que c’est important qu’un jeune cherche à gagner sa vie donc il ne fait pas hésiter à mettre tout ce qu’on a pu faire même si cela n’a pas trop de rapport. J’ai aussi des diplômes dans le sport et ils ont dit que c’était bien de se former. De même j’ai eu le temps de passer le concours GAV et de faire la formation avant l’oral SOG (sous-officier de gendarmerie) donc on a discuté de ce cursus, pour savoir ce que cela m’avait apporté. D’ailleurs les cours de culture générale professionnelle dispensés à IRSS m’ont beaucoup aidé pour le concours GAV où on nous a par exemple demandé comment s’appelait la gendarmerie nationale avant… Nous étions peu à savoir dire qu’il s’agissait de la « maréchaussée » !

Je dirai que mon oral s’est déroulé dans une ambiance plutôt agréable : les jurys étaient bienveillants et les questions étaient liées entre elles, c’étaient un échange et non un interrogatoire.

J’ai donc obtenu le concours et je suis en formation depuis début juin à Montluçon. La formation se déroule comme je l’imaginais et pour l’instant cela ressemble un peu à celle de GAV. Avant mon incorporation, j’ai eu le temps de passer le concours GAV, de faire la formation et d’avoir 9 mois d’expérience sur le terrain. Je dois sortir de formation fin janvier 2019. »

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Pour en savoir plus

La prépa Gendarme 

Les prépas Défense et Sécurité Publique 

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