Oraux des concours Gardien de la paix : des anciennes étudiantes d’IRSS témoignent

Passé les épreuves écrites d’admissibilité et les préadmissions sportives, les candidats aux concours de gardien de la paix ont encore à passer le cap des oraux. Trois obstacles devront encore être franchis avant de décrocher le précieux sésame d’une intégration en école de police : les tests sous forme de questions/réponses interactives (20 minutes coefficient 2), l’entretien de motivation et de projet avec le jury (25 minutes coefficient 5) et, nouveauté 2019, une épreuve orale de langue étrangère de 10 minutes (coefficient 1).

Laurie et Justine, deux étudiantes en prépa gardien de la paix à IRSS ayant réussi leur concours, reviennent sur leurs oraux. Deux parcours gagnants qui témoignent de la difficulté des épreuves et de la nécessité de bien s’y préparer…

Le test d’observation : concentration, acuité, rapidité…

Les tests d’observation consistent à répondre à des questions posées sur un écran au moyen d’un boîtier de réponses électronique. Le candidat dispose de 15 secondes par question en rapport avec l’image observée pour répondre. Ce test fait appel à la mémoire visuelle des candidats pour déterminer l’acuité de leur perception, la promptitude à la décision ainsi que leur vigilance. Il peut aussi comporter des mises en situation à caractère pratique et déontologique.

 Laurie 

« Concernant l’épreuve de tests d’observations, j’avais l’impression de repasser le code la route !  On nous passait plusieurs dizaines d’images, je dirai entre 30 et 60, chacune étant affichée pendant durant moins d’une vingtaine de secondes. Exemple : on nous montre deux images quasiment identiques affichées en même temps et on nous demande combien il y a de différences entre les deux images. Réponse A : 4, réponse B : 5, réponse C : 6, réponse D : 7.

Ça, se sont les questions d’observation, il y en a beaucoup… Mais certaines images concernent également la mise en situation. Je me souviens d’une image mettant en scène un homme avachi sur un banc, une bouteille de bière à la main, un groupe d’enfants jouant à proximité. On nous demande :  Cet homme insulte les enfants, que faites-vous ?  Réponse A : je laisse faire ; Réponse B : je demande aux enfants d’aller jouer plus loin ; Réponse C : je demande à ce monsieur de partir ; Réponse D : j’appelle la police… »

Justine

« Sur certaines diapositives, on distingue un personnage et, par rapport aux autres éléments de la photo, on doit estimer sa taille.  Je me rappelle aussi d’un exercice où on voyait un homme pendant quelques secondes, puis une série de portraits, et il fallait dire lequel ressemblait le plus à l’homme vu au début. De la pure observation ! Pour cette épreuve, je m’étais entraînée avec des parties de Dooble (un jeu de plateau comportant des cartes avec des symboles communs et différents) car la rapidité est vraiment importante pour réussir. »

L’entretien face au jury : le moment de vérité pour valider la cohérence du projet en lien avec la personnalité

Avec cette épreuve, il s’agit d’évaluer le profil du candidat, ses savoir-être et sa motivation, la cohérence de son projet et son aptitude potentielle à occuper les fonctions de gardien de la paix (à travers la qualité de sa réflexion ainsi et ses connaissances générales).

Le jury dispose comme aide à la décision des résultats des tests psychotechniques passés par le candidat au moment de l’admissibilité, interprétés par le psychologue, et d’un curriculum vitae détaillé, apporté par le candidat le jour de l’entretien.

Laurie

« J’ai passé l’oral face à 4 personnes. Je m’étais bien habillée pour l’occasion, c’est important. Tous les hommes étaient en costume, moi je portais un pantalon noir et un chemisier.

J’avais apporté, comme cela était demandé sur la convocation, un CV avec mes motivations qui étaient insérées dans le document. Ils nous ont fourni un modèle sur la convocation.

D’abord, j’ai eu un temps pour me présenter, je parlais sans être interrompue.

Ensuite les questions ont démarré… Il a fallu que je justifie longuement mon parcours, les études que j’avais commencées après le bac, les raisons de ma réorientation vers le métier de gardien de la paix, les justifications que j’apportais au fait de n’avoir pas toujours voulu faire cela…

Ils ont vraiment approfondi mes motivations et ils voulaient que je me projette dans l’exercice du métier. Je passais le concours d’Ille de France. Ils m’ont demandé où j’aimerais travailler dans l’idéal. J’ai cité un département mais ils voulaient le nom d’une commune. Je n’y avais pas réfléchi.

Le psychologue m’a aussi questionné sur mes loisirs. Je fais du tir. Là encore, j’ai dû justifier. On a parlé du port d’armes, si je comprenais pourquoi certaines personnes étaient mal à l’aise avec le fait que les policiers soient armés, on a parlé de l’affaire Théo …

2 policiers étaient bienveillants et curieux de me connaître. J’ai fait un stage d’une nuit au commissariat de St Brieuc et cette expérience les a intéressés. Mais une 3ème personne, qui ne parlait presque pas et gardait les bras croisés m’a juste demandé si je portais un gilet par balles pendant la patrouille de nuit… Quand j’ai dit que non, elle s’est énervée, a dit que ce n’était pas réglementaire… Je ne savais pas trop quoi dire… Les policiers ce jour-là ne m’en avaient pas proposé et, avant l’oral, je n’avais pas pensé que cela pouvait être non réglementaire. Dans tous les cas les questions sont approfondies et il faut être capable de justifier avec honnêteté et justesse chaque réponse… Mieux vaut bien s’y préparer ! »

Justine

« Pour mon oral, j’avais en face de moi 3 hommes et une femme. Un des hommes était psychologue, les autres étaient des gradés de la police nationale. Ils m’ont laissé environ 5 minutes pour me présenter et expliquer mon parcours. J’étais assez stressée et j’avais du mal à gérer mon débit de parole, j’allais trop vite. D’ailleurs, à la fin de l’entretien, ils m’ont demandé comment j’évaluait mon oral. J’ai avoué avoir sûrement parlé trop vite et que j’avais la bouche sèche donc du mal à bien articuler. Cela me semble indispensable d’être sincère et d’accepter de s’auto-évaluer, d’avoir un œil critique sur ce qu’on fait. Je pense qu’ils détestent ceux qui font semblants, ceux qui jouent un rôle ou font croire qu’ils maîtrisent s’ils ne maîtrisent pas. À l’oral, si on ne sait pas, on n’invente pas ! Parce que si on affirme un truc qui est faux, c’est terminé. À l’inverse, ils seront plutôt indulgents avec ceux qui disent qu’ils ont un doute. C’est le sentiment que j’ai eu quand je leur ai fait cette réponse !

Durant l’oral, j’ai dû réponse à de nombreuses questions de culture générale : on a parlé de De Gaulle, de Pompidou et d’Alain Poher (le président du Sénat qui l’a remplacé à sa mort). On a aussi parlé de l’actualité : sur l’affaire Théo, ils m’ont demandé mon opinion et j’ai dit que je ne savais que ce qui était sorti dans la presse, que je ne connaissais que quelques aspects de l’histoire mais pas suffisamment pour me permettre de juger. On a également évoqué l’attaque au cocktail Molotov des policiers de Viry-Châtillon… Ils m’ont demandé si, dans une telle situation, j’aurais utilisé mon arme, si j’aurais pu tirer… J’ai répondu que oui, probablement, dès lors que les conditions étaient réunies pour que j’aie le droit de le faire en cas de réel danger. Je le savais par une intervention qu’on avait eue en prépa avec un capitaine de police qui intervient sur l’usage des armes. Ce type d’intervention, tout comme les oraux blancs, aide vraiment à comprendre le type de questions qu’on va avoir et à bien anticiper.

Je pense qu’ils ont trouvé que je me débrouillais pas mal alors, dans une seconde partie de cet entretien, ils m’ont plus «testée » et ont cherché à me pousser à bout… Ils ont amené le thème de la place des femmes dans la police avec des réflexions volontairement sexistes (ce qu’ils n’étaient pas), l’un d’entre eux formulant par provocation « les femmes sont faibles »… Je n’ai pas fait comme s’il n’avait rien dit mais je suis restée calme en lui répondant que c’était son peut-être son opinion mais que je ne la partageais pas… J’ai argumenté mon propos avec calme et fermeté mais sans être agressive. Je pense que c’est plutôt de bon augure quand ils font ça à l’oral : ils testent le répondant et la pertinence des réponses.  Je connais des personnes qui ont vécu des oraux plutôt tranquilles et très courts, mais qui n’ont pas été retenus !

Le psychologue m’a aussi posé des questions surprenantes et sans lien avec le métier. Par exemple, il m’a demandé mon plat préféré ( !?)… J’ai répondu… Mais il m’a dit que c’était une réponse trop évidente, que je devais trouver autre chose et expliquer pourquoi c’était mon plat préféré. Je pense que c’est juste pour savoir si on peut rebondir face à quelque chose de bizarre.

Pour conclure, si j’avais quelques conseils à donner aux futurs candidats, ce serait d’abord d’être bien sûr de leur choix. La motivation est vraiment testée lors de l’oral mais aussi pendant la formation. Cette dernière est très dure, très intense, bien plus que ce que je pensais et beaucoup ont arrêté ! En plus quand on arrête après une certaine partie de la formation, on doit rembourser l’argent qu’on a gagné à l’Etat !

Je suis en formation depuis 10 mois maintenant et actuellement en stage dans un commissariat. J’ai eu la chance de pouvoir faire la formation à St Malo donc pas très loin de chez moi. Il y a avec moi des étudiants de Paris, du Nord mais aussi des étudiants venant d’Outremer, c’est très enrichissant d’échanger avec ceux qui vivent hors de la métropole !

Pendant la partie théorique, j’ai passé 42 évaluations écrites en 8 mois. Beaucoup de cours à apprendre et un sacré niveau en sport ! On a la pression tout le temps. En plus, nous faisons une formation longue sur 12 mois ! Donc le concours n’est qu’une étape, difficile, certes, mais pas la plus dure ! »

Si vous aussi, comme Laurie et Justine, vous voulez intégrer un centre de formation pour devenir gardien de la paix, préparez-vous avec IRSS : vous y trouverez une prépa de qualité parfaitement adaptée à chacune des étapes de ce parcours du combattant. 

Pour en savoir plus

La prépa Gardien de la Paix

Les prépas Défense et Sécurité Publique 

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