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Les concours sociaux de A à Z

A comme « Apprentissage »

Est-il possible de réaliser ces formations par la voie de l’apprentissage ?

Les étudiants âgés de 18 à 26 ans peuvent réaliser la formation de travailleur social par le biais de l’apprentissage.
Pour prétendre à une formation par la voie de l’apprentissage deux modalités existent :
– passer les épreuves de sélection d’entrée en formation et être admissible, c’est-à-dire avoir obtenu une note supérieure ou égale à la moyenne.
Le candidat peut alors chercher un employeur et celui peut se trouver dans une région différente du centre de formation.
– trouver tout d’abord un employeur puis passer une sélection spécifique qui est organisée plusieurs fois par an (généralement entre juin et novembre).

Cette modalité de formation offre plusieurs avantages :

  • Une rémunération, en fonction du diplôme préparé, de l’âge de l’apprenti et de son avancée dans son cursus, une rémunération allant de 50% à 70% du SMIC lui sera versée.
  • Le coût pédagogique de la formation est à la charge de l’employeur.
  • L’apprenti bénéficie d’un accompagnement individualisé réalisé par un maître d’apprentissage qui est obligatoirement titulaire du diplôme préparé (ou d’un diplôme équivalent) depuis au moins deux ans.

Cependant, faire sa formation par la voie de l’apprentissage engendre une charge de travail importante car l’apprenti suit le même programme, avec les mêmes volumes horaires qu’en formation initiale. En fin de cursus, il passera les mêmes épreuves certificatives.

Pour les cours théoriques, l’apprenti se rend au centre de formation, tandis qu’il va travailler chez son employeur durant les périodes dédiées à la formation pratique. Seules quelques semaines de stage sont réalisées dans un autre établissement.

En tant qu’apprenti, il ne bénéficie que de 5 semaines de congés annuels et doit être en formation ou sur son terrain d’apprentissage 35 heures par semaine.

B comme « baccalauréat »

Quel baccalauréat faut-il privilégier lorsque l’on souhaite s’orienter vers un métier du social ?

Pour passer les épreuves du concours d’entrée en formation de moniteur-éducateur, aucun baccalauréat n’est exigé. Cependant, les bacheliers ont un avantage : ils sont dispensés des épreuves écrites de sélection, ce qui représente un avantage certain.

Pour le concours d’éducateurs spécialisé, éducateur de jeunes enfants ou assistant de service social, le baccalauréat est obligatoire, celui-ci pouvant être général, technique ou professionnel.

Il n’existe pas de « voie royale » pour réussir le concours : certaines filières apportent des atouts pour les écrits, d’autres pour la pratique. Bien cerner ses forces et faiblesses permet de mieux orienter son travail de révision. Faisons donc un petit panorama des filières qui apportent le plus d’atouts.

Les baccalauréats généraux

Préparer un bac L ou ES offre l’avantage de mettre l’accent sur les écrits. L’orthographe et la grammaire, régulièrement travaillées, permettent de ne pas perdre les points précieux dédiés aux aspects rédactionnels. Les nombreuses dissertations réalisées par les lycéens de ces cursus, leur apportent progressivement de l’aisance et rédiger pendant 4h le jour du concours ne leur fait pas peur.

Des spécialités telles que Sciences sociales et politiques ou Droit et grands enjeux du monde contemporain favoriseront l’ouverture sur les phénomènes de société, ce qui est attendu lors du concours.

Les baccalauréats techniques

La filière ST2S permet, par exemple, de s’ouvrir à la culture générale sociale afin de se familiariser avec les thèmes qui sont le plus souvent choisis pour élaborer les sujets des concours.

De plus, elle initie à la psychologie des individus, aide à mieux comprendre les missions des différentes institutions sanitaires et sociale, les politiques sociales… Ces enseignements sont directement en lien avec le projet professionnel du candidat ce qui peut l’aider à vérifier son attrait pour le secteur social et son envie de poursuivre des études dans cette voie.

Enfin, pour obtenir son bac, l’étudiant, au sein d’un groupe de travail, devra s’initier à la méthodologie du projet dans le domaine sanitaire et social. En fonction du sujet choisi, cette expérience peut être extrêmement enrichissante et pourra faire l’objet d’échanges avec le jury lors des épreuves orales de sélection.

Les baccalauréats professionnels

Les bacs ASSP ou SAPAT développent des compétences indispensables à toute personne souhaitant travailler dans le secteur social telles que la capacité à intervenir en structure, à réaliser des activités…

Mais surtout elles offrent de longues périodes de stages (22 semaines) durant lesquelles l’étudiant va pouvoir confirmer ou affiner son projet professionnel en intégrant des structures accueillant de jeunes enfants, des personnes porteuses de handicaps… Ces stages favorisent aussi l’aisance relationnelle et le sens du travail en équipe.

Lors des oraux de sélection, il pourra s’appuyer sur son vécu pour en faire une analyse, étayer ses propos par des exemples et ceci est un réel atout quand on sait à quel point l’expérience est recherchée par les jurys qui mènent les oraux de sélection lors des concours.

Certains bacs pros peuvent se réaliser en alternance. L’étudiant aura alors une certaine autonomie financière ; surtout, il aura déjà pris l’habitude de faire face à des semaines chargées où les temps de terrains professionnels, de préparation des dossiers et de révisions des cours se succèdent à un rythme soutenu.

Filière générale, technologique ou professionnelle, choisissez le cursus qui vous offrira le plus de chances de réussite afin de pouvoir concrétiser rapidement votre projet de passer les concours sociaux.

Aucun bac ne prépare parfaitement à l’ensemble des épreuves qui vous attendent et c’est pour cela que beaucoup de candidats choisissent de faire un an de prépa à l’IRSS à l’issue de leur terminale. Cette formation permet de lisser les écarts : quand certains ont besoin de renouer avec les écrits, de découvrir la méthodologie de la synthèse de documents ou du commentaire de texte, d’autres devront gagner en expérience et faire un travail pour voir progresser leur aisance dans des situations de travail en groupe.

Nous acceptons des étudiants issues de toutes les filières car nous avons vu réussir brillamment des élèves issus notamment de bacs S, STMG ou encore bac pro commerce. Tout le monde peut progresser : grâce à la motivation personnelle, bien sûr ; mais l’hétérogénéité d’une classe et l’enrichissement mutuel né de la complémentarité des profils restent également un facteur clé de la réussite.

C comme « Concours »

Comment se déroulent les concours d’entrée en formation ?

Que vous souhaitiez devenir éducateur de jeunes enfants, assistant de service social, éducateur spécialisé ou moniteur-éducateur, les épreuves de sélection que vous aurez à passer seront similaires.

Le concours se compose d’une épreuve écrite d’admissibilité, puis, les étudiants retenus passent une ou plusieurs épreuve(s) orale(s) d’admission.

  • L’écrit d’admissibilité

D’une durée variable, 2 à 4 heures, il porte sur un sujet de la culture générale sociale (le monde du travail, la famille, l’école, le logement, les loisirs…). Différentes épreuves peuvent vous être demandées : résumé, dissertation, commentaire de texte, synthèse de documents ou questionnaire d’actualité.

Vos connaissances, l’organisation de votre pensée et votre aisance rédactionnelle sont alors évaluées.

Après être parvenu à satisfaire aux exigences des épreuves écrites, vous pourrez accéder aux épreuves orales. Dans certaines écoles, il suffit d’obtenir la moyenne, pour d’autres il faut se classer parmi les meilleurs.

Cependant, pour l’entrée en formation de moniteur-éducateur, les candidats titulaires d’un baccalauréat ou de certains diplômes (diplôme au moins de niveau IV, technicien de l’intervention sociale et familiale, auxiliaire de vie sociale, aide médico-psychologique…) sont dispensés de l’épreuve écrite d’admissibilité mais pour faire face à l’augmentation du nombre des candidats dispensés, les écoles demandent désormais de plus en plus souvent un dossier dans lequel le candidat évoque ses expériences et ses motivations. Celui-ci sera évalué et permettra de se présenter ou non à l’oral d’admission.

De même, si vous possédez préalablement un diplôme d’éducateur spécialisé, éducateur de jeunes enfants, de conseiller en économie sociale et familiale ou assistant de service social, vous n’aurez pas d’écrits de sélection à passer pour entrer dans l’une des trois autres formations. Vous serez donc directement admissibles aux oraux.

  •  Les épreuves orales

Au minimum, vous passerez un entretien individuel d’une vingtaine de minutes mais cela peut aller jusqu’à une journée entière dédiée aux épreuves orales durant laquelle vous serez successivement convoqué à une série d’entretiens.

Le jury est, le plus souvent, composé :

  • D’un professionnel quia pour objectif d’évaluer le réalisme de votre candidature. Ensemble, vous parlerez des lieux de travail possible, de vos expériences, de votre projet et de la façon dont vous l’avez construit… Il vous faudra démontrer que vous avez une connaissance concrète du milieu et que votre intérêt pour le métier s’ancre dans une réflexion approfondie sur ses aspects positifs mais aussi sur les difficultés qu’il vous faudra surmonter ;
  • D’un psychologue qui a pour objectif de vérifier que votre personnalité est en adéquation avec votre projet. Le psychologue peut vous interroger sur votre famille et l’éducation que vous avez vous-mêmes reçue, des moments difficiles de votre vie, vos motivations à vouloir aider autrui… Les écoles sélectionnent les candidats capables d’écouter autrui et de prendre de la distance avec leur histoire personnelle. Le travail social ne convient guère aux personnes égocentriques, uniquement tournées sur leurs intérêts et leurs problèmes. L’aisance relationnelle est également importante car elle se révèlera essentielle tant avec les publics en difficultés ou en souffrance qu’avec les autres professionnels qui interviennent auprès de ces publics.
  • D’un formateur qui a pour objectif d’apprécier votre connaissance du dispositif de formation et votre motivation pour cette école. Il aura à cœur de comprendre comment vous allez vous organiser matériellement et financièrement durant la formation, il cherchera à percevoir votre envie d’apprendre, de progresser, de faire de stages…

Les écoles organisent parfois une épreuve de groupe qui a pour but principal de tester les capacités du candidat à travailler en équipe. Des candidats (entre 5 et 15 le plus souvent) sont regroupés pour une durée variable allant de vingt minutes à trois heures.

On distingue deux types d’épreuves :

  • les débats de groupe : il s’agit d’une discussion dans laquelle les candidats doivent argumenter autour d’un sujet imposé ou qu’ils ont choisi.
  • les réalisations collectives qui visent à l’élaboration d’une tâche concrète. Il peut s’agir d’un dessin, d’une affiche, d’une scène de théâtre, d’une production écrite, d’une chorégraphie…

Face à la diversité des épreuves écrites et orales, au grand nombre de candidats à s’y présenter et au petit nombre des places à prendre dans les écoles (moins de 10% des postulants sont retenus) bien préparer ces différentes étapes de la sélection est essentiel.

A l’IRSS, les étudiants passent un écrit blanc chaque semaine qui leur permet d’avoir une correction détaillée sur leur copie pour rapidement comprendre les enjeux de chaque type de sujet. De plus, les cours de préparation aux épreuves orales sont l’occasion de s’entrainer chaque semaine, par petit groupe, à répondre aux questions habituellement posées par les jurys et à réaliser des épreuves de groupe.

L’ensemble du cursus (temps de cours, période de stage, engagement dans le bénévolat) a pour but de donner aux étudiants des outils pour approfondir leur réflexion sur leur projet et ainsi se démarquer de la masse des candidats. Nos taux de réussite, très élevés, montrent qu’en abordant les concours avec des connaissances solides, le succès est au rendez-vous.

D comme « Domaine de formation »

Après l’obtention du concours, que va-t-on étudier pendant la formation ?

Bien que certains cours réunissent les étudiants des différentes filières, les contenus de formation divergent en fonction du métier visé. Voyons cela en détails.

Assistant de service social

Unité de formation UF1 : Théorie et pratique de l’intervention en service social – 460 h

  • C’est l’unité principale avec des enseignements essentiels tels l’intervention professionnelle en service sociale, la communication professionnelle, l’implication dans les dynamiques partenariales, institutionnelles et interinstitutionnelles

Unité de formation contributive, UF2 : Philosophie de l’action, éthique – 120 h

  • Des thèmes comme le secret professionnel, la déontologie, l’altérité, la conscience de soi, et la conscience de l’autre y sont travaillés. De plus, l’étudiant bénéficie d’une initiation à l’histoire des religions.

Unité de formation contributive, UF3 : Droit – 120 h

Lors de ces enseignements, l’étudiant apprendra les différentes branches du droit, se familiarisera avec les notions d’enquête sociale, de contrat, de mandat…

Unité de formation contributive, UF4 : Législation et politiques sociales – 160 h

Cette unité est capitale pour comprendre le cadre dans lequel s’organise le travail de l’ASS. Des thèmes comme les différentes politiques (sociale, en matière d’insertion, de logement, de la ville…) y sont travaillées. La protection sociale en France et en Europe y est également expliquée.

Unité de formation contributive, UF5 : Sociologie, anthropologie, ethnologie – 120 h

Cette unité permet à l’étudiant de réfléchir à des notions telles les réseaux sociaux, la norme, la déviance, le rôle éducatif de l’école, l’interculturalité.

Unité de formation contributive, UF6 : Psychologie, science de l’éducation, science de l’information, communication – 120 h

Ces enseignements abordent notamment le développement de la personne aux différents âges de la vie

Unité de formation contributive, UF7 : Économie, démographie – 120 h

Ces cours vont donner notamment des outils aux futurs ASS pour comprendre le phénomène de surendettement, ce qui leur permettra d’aider les ménages à gérer leur budget.

Unité de formation contributive, UF8 : Santé – 120 h

Cette unité traite des incidences des pathologies physiologiques et mentales sur la personne. L’éducation sanitaire, les dépendances, la prévention… y sont abordées.

En parallèle de la formation théorique, la formation pratique est basée sur 12 mois de stage réalisé sur 2 ou 3 sites qualifiants.

Les stages doivent porter pour une durée équivalente sur l’intervention individuelle et l’intervention collective. Un premier stage de 4 à 6 semaines doit obligatoirement avoir lieu durant la première année de formation.

Éducateur spécialisé et moniteur-éducateur

Il faut noter la très grande similitude qui existe entre les contenus de la formation de moniteur-éducateur et ceux de la formation d’éducateur spécialisé : les futurs ES ont les mêmes contenus de formation que les ME auxquels s’ajoutent des contenus supplémentaires.

Domaine de formation DF1 : accompagnement social et éducatif spécialisé – 400h

A travers ce domaine de formation, l’étudiant doit développer différentes compétences telles :

  • Instaurer une relation
  • Favoriser la construction de l’identité et le développement des capacités
  • Assurer une fonction de repère et d’étayage dans une démarche éthique
  • Organiser une intervention socioéducative individuelle ou collective
  • Animer la vie quotidienne

Les étudiants préparant le diplôme d’éducateur spécialisé ont 50h de formation supplémentaire sur ce domaine afin notamment d’aborder les notions de gestion d’un budget d’activités et de gestion budgétaire d’un établissement.

Domaine de formation DF2 1ère partie : participation à l’élaboration et à la conduite du projet éducatif spécialisé – 300h

Ce domaine va permettre à l’étudiant de savoir :

  • Observer, rendre compte et analyser les situations éducatives
  • Participer à la mise en œuvre d’un projet éducatif

A cette première partie, s’ajoute pour les étudiants préparant le diplôme d’éducateur spécialisé, une seconde partie :

Domaine de formation DF2 2ème partie : conception du projet éducatif spécialisé – 200 h

Il vise à savoir :

  • Établir un diagnostic socioéducatif
  • Concevoir un projet éducatif
  • Évaluer le projet éducatif

Domaine de formation DF3 1ère partie : travail en équipe pluriprofessionnelle – 125h

Il favorise la capacité à :

  • S’inscrire dans un travail d’équipe
  • Élaborer, gérer et transmettre de l’information

A cette première partie, s’ajoute pour les étudiants préparant le diplôme d’éducateur spécialisé, une seconde partie :

Domaine de formation DF3 2ème partie : coordination – 125 h

Les compétences attendues à travers ces enseignements sont :

  • Élaborer des documents communicables à des tiers
  • Assurer en équipe la cohérence de l’action socioéducative

Domaine de formation DF4 1ère partie : implication dans les dynamiques institutionnelles – 125 h

Les objectifs seront atteints si l’étudiant parvient à :

  • Situer son action dans le cadre des missions de l’institution et de son projet
  • Veille professionnelle : s’informer et se former pour faire évoluer ses pratiques

A cette première partie, s’ajoute pour les étudiants préparant le diplôme d’éducateur spécialisé, une seconde partie :

Domaine de formation DF4 2ème partie : travail en partenariat et en réseau – 125 h

3 compétences sont attendues de la part de l’étudiant qui doit savoir :

  • Établir une relation professionnelle avec les partenaires
  • Développer des actions en partenariat et en réseau et contribuer à des pratiques de développement social territorialisé
  • Développer et transférer ses connaissances professionnelles

Aux heures passées en centre de formation s’ajoutent des temps de stage qui doivent permettre à l’étudiant de découvrir des modalités de travail et des publics différents. L’un des stages s’effectue obligatoirement dans un établissement proposant un accueil en internat aux usagers.

Pour les étudiants moniteurs-éducateurs, la formation comprend 950 heures d’enseignements théoriques répartis et 980 heures de stage (28 semaines) divisées en 2 ou 3 stages d’une durée minimale de 8 semaines chacun (280 heures). Ces stages

Pour les étudiants éducateur-spécialisés, aux 1450h de formation théorique, s’ajoute une formation pratique de 2100h. Il y a 3 stages à réaliser, dont un stage long d’une durée de 28 à 36 semaines.

Éducateur de jeunes enfants

Domaine de formation DF1 : accueil et accompagnement du jeune enfant et de sa famille – 400 h

A travers ce domaine de formation, l’étudiant doit développer différentes compétences telles :

  • Développer des pratiques adaptées d’accueil et d’accompagnement du jeune enfant et de sa famille
  • Reconnaître et faciliter au quotidien la fonction parentale
  • Contribuer à une démarche de prévention précoce autour des premiers liens d’attachements

Domaine de formation DF2 : action éducative en direction du jeune enfant – 600 h

Ce domaine permet à l’étudiant d’apprendre à :

  • Favoriser le développement global de l’enfant et viser son insertion sociale dans ses différents milieux de vie (famille, école, loisirs…)
  • Concevoir et mettre en œuvre des actions de prévention sur les questions d’éducation, santé et d’exclusion sociale

Domaine de formation DF3 : communication professionnelle – 250 h

Suite à ces enseignements, l’étudiant sera en capacité de :

  • Contribuer à l’élaboration et à la conduite du projet socio-éducatif au sein d’une équipe pluri-professionnelle de l’établissement ou du service
  • Assurer en équipe la cohérence de l’action socio-éducative auprès des jeunes enfants en coopération avec les parents

Domaine de formation DF4 : dynamiques institutionnelles, interinstitutionnelles et partenariales – 250 h

Ce domaine a pour objectif d’aider l’étudiant à savoir :

  • Inscrire les projets et interventions socio-éducatives dans les réalités propres aux institutions et aux politiques de la petite enfance
  • Participer à l’action sociale territorialisée et à la synergie des compétences des différents acteurs.

En parallèle de ces 1 500 heures d’enseignements théoriques, l’étudiant réalise 15 mois de stages (soit 2100 heures) en lien avec chacun des 4 domaines de formation.

Bien connaître les contenus de la formation, avoir une idée précise de ce qui vous attend une fois entré en école est essentiel lors du concours (les jurys posent de nombreuses questions sur la formation). C’est pourquoi de nombreux étudiants de l’IRSS ayant réussi leur concours reviennent régulièrement, une fois entrés en école, pour témoigner de leur vécu, des cours qu’ils suivent et des stages qu’ils réalisent. Ils sont les mieux placés, parce qu’ils la vivent au quotidien, pour évoquer la formation !

E comme « Eduquer»

Que signifie précisément ce terme ?

Pour réussir le concours, il sera indispensable de maîtriser les sigles du travail social, le « jargon » spécialisé qui montre que vous vous êtes déjà familiarisé avec les mots spécifiques et qu’il vous tient à cœur de bien comprendre ce qui est dit devant vous pendant vos stages ou ce que vous pouvez lire durant vos recherches.

Par conséquent, penchons-nous sur un terme que vous allez fréquemment employer : éduquer.

Celui-ci vient du latin « Ex duccerer » qui signifie « tirer hors de », c’est-à-dire faire passer d’un état de non-éducation à un autre état, celui de personne éduquée.

Selon Durkheim (Education et société 1911), « c’est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore assez mûres pour la vie sociale. Elle [l’éducation] se doit de susciter et de développer chez l’enfant un certain nombre d’états physiques, intellectuels, mentaux que réclame de lui la société politique dans son ensemble et le milieu spécial auquel il est particulièrement destiné ».

Plusieurs points, dans les propos de Durkheim sont importants à relever :

Il nous dit que l’acte d’éduquer se fait en fonction de la société dans laquelle l’enfant se trouve. En effet, éduquer c’est aider à développer sa personnalité et, progressivement, à intégrer les normes et les valeurs qui lui permettront de facilement s’intégrer. C’est pour cela que l’éducation dépend des lieux et des époques. Aujourd’hui, on n’éduque pas un enfant comme on le faisait il y a un siècle. De même en, on n’éduque pas une jeune fille en France comme on le fait en Arabie Saoudite (où les femmes n’ont le droit de faire du vélo, en respectant certaines conditions, que depuis 2013 !)

Durkheim souligne également que le fait d’éduquer est réalisé par les adultes qui sont auprès d’enfants (au premier rang desquels on trouve les parents). En effet, dans le travail social, on favorisera le verbe « accompagner » pour parler de la posture du professionnel vis-à-vis des adultes.

F comme « Féminisé »

Pourquoi les métiers du travail social sont-ils si féminisés ?

Le constat est facile à faire, lors du concours d’entrée, durant la formation et dans les établissements sociaux, les femmes sont nettement plus nombreuses que les hommes. En effet, globalement les ¾ des travailleurs sociaux sont des femmes.

Actuellement, lors des sélections, on compte environ :

Filière Taux d’hommes à tenter le concours
Moniteur-éducateur 30%
Éducateur spécialisé 25%
Assistant de service social 10%
Éducateur de jeunes enfants 5%

L’histoire de ces métiers vient, en partie, expliquer ces taux très élevés de féminisation.

Le métier d’assistant de service social ne s’est ouvert aux hommes que dans les années 60 et c’est encore plus récent pour le métier d’éducateur de jeunes enfants puisque, jusqu’à la réforme de 1973, le métier avait pour nom « jardinière d’enfants » et les hommes ne pouvaient pas suivre cette formation.

A l’inverse, le métier d’éducateur spécialisé était, à l’origine, quasi exclusivement exercé par des hommes et il se féminise très rapidement puisque, par exemple entre 1979 et 2003, le taux de féminisation pour ce métier est passé de 62% à 72% et il continue de croître.

Au-delà des facteurs historiques, le regard porté sur ces professions contribue à la féminisation du secteur.

Être à l’écoute, être patient, prendre soin, dialoguer… ces actions sont réputées plus naturelles pour les femmes et, lorsque les jeunes filles réfléchissent à leur orientation, les métiers du social leur sont plus spontanément présentés qu’aux garçons. De plus, ces derniers peuvent vite revoir leur projet professionnel, quand ils comprennent qu’ils seront sous-représentés dans la formation. Les remarques péjoratives et les sourires en coin en ont malheureusement dissuadé plus d’un.

Et pourtant, tous les professionnels s’accordent à dire que la mixité est essentielle. Que ce soit auprès d’enfants placés en foyers éducatifs, auprès de femmes victimes de violences ou de très jeunes enfants, il est important que l’usager puisse choisir la personne qui va l’accompagner et se construire des représentations positives en côtoyant des hommes et des femmes.

La société est mixte, les équipes éducatives doivent l’être également.

G comme « Groupe »

Comment se déroulent les épreuves de groupe qui ont lieu lors du concours d’entrée en formation ?

Les épreuves collectives, contrairement à l’entretien individuel, ne sont pas obligatoires. Toutes les écoles n’en organisent donc pas. Cependant, elles sont fréquentent et mettent le candidat dans une situation qui lui est généralement peu familière.

Ce type d’épreuves réunit plusieurs candidats (entre 5 et 15) et peut durer quelques dizaines de minutes ou une demi-journée.

Elles sont évaluées par un jury composé d’un à trois professionnels qui seront, selon les écoles, observateurs ou acteurs dans l’épreuve.

On distingue deux types d’épreuve, les débats de groupe (cette épreuve est celle généralement retenue pour le concours assistant de service social) et les réalisations collectives. Il arrive qu’au terme de cette épreuve le candidat soit amené à analyser sa prestation dans le groupe, soit face au groupe lui-même, soit lors d’un entretien individuel.

  •  Le débat

Sur un thème de culture générale, cette épreuve invite les candidats à échanger autour d’un thème de culture générale.

Par exemple, voici quelques sujets proposés aux candidats cette année : « manger beau ou manger bio », « les enfants et la télévision », « l’école doit-elle être un lieu de d’éducation ou d’instruction ? »…

Pour réussir ce type d’épreuves, les connaissances sont utiles mais nullement suffisantes, le jury appréciera également vos capacités d’écoute et de compréhension, vos aptitudes à synthétiser et reformuler les idées d’autrui, en bref votre sens de la coopération. Au fond, on juge moins les contenus que l’attitude globale au sein d’une équipe.

  •  La réalisation collective

Pour ce type d’épreuve, on demande à l’ensemble du groupe de créer quelque chose de concret: une affiche, une scénette, un texte écrit, une chorégraphie… Du matériel peut vous être fourni (carton, papier, paire de ciseaux, colle…)

Par exemple « dessiner le plan de votre école idéale », « Votre association lutte contre les discriminations et vous êtes invités à intervenir dans une classe de 3ème. Préparez cette rencontre avec les collégiens ? », « Écrivez une histoire en utilisant les mots : fil de fer, barrique et cosmos »…

Là encore la réalisation finale importe moins que la démarche et la coopération de l’ensemble des personnes. Le jury sera sensible à votre dynamisme, vos dons d’animation, votre aptitude à stimuler le groupe et à solliciter tous les talents qui se trouvent en votre compagnie

Pour favoriser l’aisance des candidats lors de ces épreuves de groupe, les étudiants de l’IRSS bénéficient de 2h d’entraînement hebdomadaire. Cela leur permet de se confronter à une grande diversité de sujets mais aussi de travailler leur analyse de l’épreuve et de bénéficier de conseils de la part du formateur pour progresser de semaine en semaine.

Nous accompagnons différents groupes d’étudiants qui devront réaliser une épreuve collective lors de leur concours et cela nous permet d’organiser des mises en situation où les personnes ne se connaissent pas préalablement. Le réalisme des évaluations est une clef de la réussite à l’IRSS.

H comme « Handicap »

Quel est le rôle des travailleurs sociaux auprès des personnes porteuses d’un handicap ?

La loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a défini la notion de handicap :

« Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »

Quelques chiffres :

Près de 10% de la population mondiale serait aujourd’hui touchée par un handicap. En France, selon le Ministère de la Santé, on dénombrait, en 2013, 5,5 millions de personnes handicapées, dont 2 millions de personnes à mobilité réduite et environ 300 000 personnes deviennent handicapées chaque année.

Pour les enfants handicapées, le taux de scolarisation progresse sans cesse. Par exemple aujourd’hui les universités accueillent presque deux fois plus d’étudiants handicapés qu’un 2005.

Malgré ce meilleur accès aux diplômes, 21 % des personnes handicapées sont au chômage c’est-à-dire deux fois plus que la moyenne de la population active.

Auprès de ces personnes, les missions des travailleurs sociaux sont multiples et varient en fonction du lieu où ils exercent.

Dans les établissements et services pour enfants atteints de handicaps ou de troubles tels les instituts médico-éducatif ou les établissements pour enfants et adolescents polyhandicapés

Au sein d’une équipe pluridisciplinaire, les éducateurs vont aider les enfants dans leur quotidien, les stimuler dans les tâches de la vie quotidienne ou les seconder quand ils ne peuvent réaliser seuls quelque chose (repas, déplacement…). Ils doivent faire preuve d’observation pour comprendre au mieux les besoins des enfants qui ne sont pas toujours capables de les exprimer par des mots. Ils peuvent aussi contribuer à la mise en place d’activités ludiques en dehors du temps scolaire.

Les assistants de service social apportent un soutien technique aux familles qui ont besoin d’être accompagnées ou orientées dans les démarches qu’elles doivent réaliser pour obtenir des aides matérielles et financières en lien avec le handicap de l’enfant.

Dans les structures réalisant un suivi ambulatoire telles le centre d’action médico-sociale précoce ou le service d’éducation spécialisée et de soins à domicile

Les éducateurs vont travailler avec les enfants sous forme d’atelier individuel, ils peuvent aussi faire des animations en petits groupes regroupant 4-5 enfants. Leur travail concerne également les familles qu’ils accompagnent et rassurent dans leur capacité à prendre en charge cet enfant différent. Ils peuvent les accompagner dans la recherche d’un mode de garde adapté aux besoins de l’enfant et animer des temps d’échanges entre les familles pour les aider à accepter le handicap de l’enfant et leur permettre de mutualiser leur quotidien afin de ne pas se sentir isolées.

L’ASS est particulièrement à l’écoute des parents, il intervient pour les informer et les accompagner dans leurs démarches administratives afin de faire reconnaître le handicap de l’enfant et de percevoir les allocations spécifiques. De plus, il travaille en partenariat avec de multiples structures pour préparer la fin de la prise en charge par le CAMSP en orientant l’enfant vers les lieux le plus adaptés à ses besoins.

Dans les établissements d’hébergement recevant des adultes porteurs d’un handicap

Ces lieux n’emploient pas d’éducateurs de jeunes enfants. Ce sont des éducateurs spécialisés et des moniteur-éducateurs qui y travaillent afin d’organiser des activités visant à maintenir et à développer les potentialités tout en favorisant la socialisation. Ils sont aussi les interlocuteurs privilégiés des familles avec lesquelles ils échangent sur l’évolution de l’usager.

Les moniteurs-éducateurs ou les aides médico-psychologiques sont également mis à contribution pour participer aux activités éducatives et accompagner la vie quotidienne en fonction des capacités de chaque résident : aide à la toilette, aux repas, aux déplacements…

Un assistant de service social ou un conseiller en économie sociale et familiale peut aussi intervenir auprès des résidents afin de les accompagner dans la gestion de leurs ressources, de les aider à avoir une alimentation équilibrée, à personnaliser leur logement…

Connaître les différents lieux qui emploient les travailleurs sociaux et les spécificités du travail qui y est réalisé est essentiel pour obtenir le concours d’entrée en école. A l’IRSS, deux périodes de trois semaines sont dévolues aux stages, ce qui permet aux étudiants de s’immerger dans la vie quotidienne d’un établissement, de comprendre la complémentarité des rôles des différents professionnels, de réaliser des observations… Tout ceci sera ensuite retravaillé durant la formation à travers la réalisation d’un rapport de stage et des entraînements aux questions qu’un jury peut poser sur les expériences du candidat. Bien valoriser son expérience permet de se différencier de la masse des autres candidats le jour des oraux.

I comme « IRTS »

Quelles sont les différences entre les écoles ? Comment choisir ? Faut-il privilégier les Instituts Régionaux du Travail Social ?

La France compte un grand nombre de centre de formations préparant aux métiers du travail social et lorsque vous vous inscrivez à des concours, il vous faut faire des choix.

En effet, les concours sont payants et sont chers, il faut compter 60 à 120€ pour s’inscrire à une épreuve écrite et entre 80 et 200€ pour passer les oraux ! Il est dès lors difficile de passer de multiples concours et il vaut mieux les choisir avec soin. La proximité géographique n’est pas le seul critère : il faut vous sentir en phase avec l’école que vous intègrerez pour bien vivre vos années de formation..

Se déplacer à la sortie des cours, participer à une porte ouverte, faire des recherches sur Internet sont des moyens pertinents pour vous procurer des informations. Voici quelques critères sur lesquels vous pourrez chercher à vous renseigner :

  •  Effectifs de la promotion

Selon les écoles, les classes peuvent réunir de quinze à cent cinquante étudiants. L’écart est donc important et cela modifie les relations, tant avec les autres élèves qu’avec les formateurs. Dans une petite promotion, tout le monde se connaît très vite : il est dès lors facile de prendre la parole durant un cours… Les avantages sont nombreux, mais après quelques mois, on peut aussi ressentir un sentiment d’étouffement à côtoyer toujours les mêmes têtes, cela offre peu de diversité dans les débats.

  •  Écoles mono ou multifilières

Certaines écoles sont monofilières, d’autres sont bifilières, d’autres enfin préparent à de nombreux diplômes d’État (c’est par exemple le cas des IRTS).

Dans un centre monofilière, les enseignements sont très spécialisés vers le métier qui vous intéresse car les formateurs sont souvent issus de ce métier. Ce sont généralement des écoles petites et conviviales.

Les IRTS sont des centres multifilières. Ils ont pour mission de proposer des formations initiales mais aussi de contribuer à la formation continue et supérieure des travailleurs sociaux.

La transversalité interprofessionnelle y est encouragée. Par conséquent, dans ce type d’école, on vous demande souvent de faire des dossiers avec des étudiants issus des autres filières et de confronter votre point de vue sur un même thème, ce qui aide à comprendre les priorités et l’état d’esprit de ceux qui seront vos confrères. Cela offre l’avantage de mieux connaître les métiers de ceux qui seront vos collègues dans quelque temps. Le travail social se réalise en équipe pluridisciplinaire, côtoyer les autres métiers dès la formation peut être intéressant.

  •  Choix des terrains de stage

Dans certaines écoles, vous serez libres de construire votre parcours de stage, ce qui vous obligera à réaliser des démarches personnelles pour dénicher les structures acceptant de vous accueillir.Mais cela présente l’avantage de vous laisser la liberté de construire votre parcours de formation en gardant, par exemple, le stage qui vous intéresse le plus pour la fin de formation, quand le stage dure longtemps et que vos responsabilités sont les plus importantes.

Dans d’autres écoles, il faudra vous inscrire sur une liste de terrains possibles préétablie. Normalement, vous éviterez alors les stages où vous êtes livré à vous-même, sans accompagnement, et ceux où les équipes, trop débordées pour vous accorder du temps, vous demandent de regarder en silence. En revanche, cela entraîne une certaine rivalité avec vos collègues de promotion pour des stages plus recherchés que d’autres : qui va céder ? Qui renoncera à son projet pour satisfaire celui d’autrui ? Cette négociation peut être source de tensions.

Enfin, si l’école vous attribue vos stages, cela peut vous ouvrir à des terrains que vous n’auriez pas envisagé d’explorer. On peut avoir des a priori sur un type de structures ; puis, après avoir passé plusieurs semaines à la découvrir, se sentir très intéressé par le travail qui y est effectué. Mais cela peut aussi confirmer votre peu d’engouement pour un lieu d’exercice et vous obliger à y passer tout de même plusieurs semaines.

  •  Disponibilité des formateurs

Certaines écoles choisissent de salarier beaucoup de formateurs qui vont donc animer des cours fréquemment durant vos études. Cela vous permet de bien les connaître et, parallèlement, ils vous voient évoluer au fil des mois, peuvent vous conseiller dans votre travail et répondre à vos questions si vous avez des difficultés à comprendre un cours.

D’autres écoles préfèrent déléguer les contenus d’apprentissage à des professionnels spécialistes de la question. Ainsi, durant les cours, votre interlocuteur sera très compétent et tout à fait à l’aise pour répondre à vos questions. Dans une telle organisation, les formateurs permanents sont peu nombreux et ils réalisent le suivi des stages, les temps d’analyse de pratique ou de méthodologie concernant les travaux à rendre…

Ainsi, il y a des différences entre les écoles. Au-delà des critères de choix présentés, sachez que chacune développe une pédagogie qui lui est propre et un courant de pensée dominant dans la façon d’aborder les contenus (orientation psychanalytique, systémique…), ce qui va avoir des conséquences sur votre vécu en formation.

Pour conclure, choisir les concours auxquels vous allez vous inscrire est une étape importante puisque vous allez passer plusieurs années en formation et qu’il est difficilement envisageable de changer d’école en cours de cursus.

 J comme « Jardinières d’enfants »

Quel est l’historique du métier d’éducateur de jeunes enfants ?

Les jurys apprécient de constater que le candidat est clairement informé sur les différents aspects du métier qu’il souhaite exercer. En effet, celui qui aura pris le temps de comprendre l’histoire du métier saura comment les luttes, les fondements et les valeurs qui ont progressivement fait évoluer le rôle des éducateurs de jeunes enfants expliquent la place que tient le métier de nos jours.

Le métier d’éducateur de jeunes enfants est assez récent puisqu’il n’existe que depuis 1973, année où le diplôme d’état fut créé. Auparavant, on parlait de jardinière d’enfants et la formation était interdite aux hommes !

Les jardinières d’enfants sont apparues en Allemagne au début du XIXe siècle quand le pédagogue Fröbel ouvre le premier jardin d’enfants. Cette appellation surprenante est à prendre au sens propre. En effet, on considère alors les enfants comme des plantes qu’il faut faire pousser au mieux dans un jardin adapté à leurs besoins.

En France, l’embauche des femmes dans les industries entraîne la création de lieux d’accueil pour les enfants jugés « trop grands » pour être placés en nourrice et encore trop jeunes pour aller à l’école. Les jardinières d’enfants les accueillent dans ce qu’on appelle alors des « Salles d’Asile » ». Le nom est lié au fait qu’on essaie ainsi de protéger les enfants des dangers de la rue, on leur donne un lieu « d’asile », c’est-à-dire un abri. Ces salles d’asile sont les ancêtres de l’école maternelle.

En parallèle, on assiste à partir de 1844 à l’ouverture de quelques crèches pour les enfants de moins de deux ans qui sont pris en charge par des « berceuses ». Cependant, jusqu’au milieu du XXème siècle, les préoccupations principales portent sur la survie de l’enfant, la lutte contre les maladies infantiles… L’éveil et l’éducation sont relégués au second plan et les établissements sont sous l’autorité du directeur départemental de la santé.

Mais progressivement, la mortalité infantile recule, le regard posé sur l’enfant évolue et les conditions de son accueil sont revues. La formation propose dès lors deux orientations : jardinière de crèche et jardinière éducatrice. Cette option ouvre les portes des établissements spécialisés accueillant les enfants porteurs de handicap et celles des structures dédiées à la protection de l’enfance.

Le métier s’intègre dès lors clairement dans le champ du travail social qu’il ne quittera plus.

Afin de clarifier les différents métiers du travail social, une grande réforme marque la fin des années 60 et amène à la création du diplôme d’état d’éducateur de jeunes enfants en 1973 qui vient sanctionner deux années de formation.

Depuis, la formation a encore connu deux changements majeurs :

– l’arrêté du 20 mars 1993 a augmenté la durée de formation à 27 mois.

– l’arrêté du 16 novembre 2005 a profondément modifié la formation qui dure désormais 3 ans.

Ces réformes permettent d’adapter le métier aux demandes des employeurs et aux évolutions de la petite enfance et de la société d’une façon plus générale.

K comme « Kaléidoscope »

Quel est le rapprochement à faire entre le travail social et un kaléidoscope ?

Selon le dictionnaire, le kaléidoscope est un appareil formé d’un tube contenant plusieurs miroirs disposés de façon que de petits objets colorés placés dans le tube y produisent des dessins variés.

Cette image est intéressante pour penser le travail social.

En effet, le travailleur social n’est pas là pour agir à la place de la personne, pour lui dicter sa conduite, pour lui transmettre ses propres valeurs. Agir ainsi serait dangereux car ce serait abuser du pouvoir qui est confié au professionnel et avoir de l’emprise sur autrui.

Bien au contraire les deux mots clés du travail social sont :

RESPECT : respect de la personne, de son histoire, de son handicap…

AUTONOMIE : l’action du professionnel consiste à aider la personne accompagnée, cela peut passer par le fait de se substituer à elle (Exemple : boutonner la chemise d’une personne qui n’est pas en capacité de le faire), ou agir ensemble (Exemple : accompagner une personne qui doit apprendre à utiliser les transports en commun) mais l’objectif sera toujours, dans l’absolu, que la personne devienne autonome et sache agir seule à l’avenir.

Aider la personne à devenir autonome et la respecter telle qu’elle est, c’est comme utiliser un kaléidoscope, les pièces colorées ne peuvent être changées, tout comme beaucoup d’éléments de la vie de la personne, mais ensemble, on va faire tourner le tube pour les agencer différemment, d’une façon qui conviendra à la personne et qui sera synonyme d’amélioration pour elle.

L comme « Lecture »

Qu’apporte la lecture aux travailleurs sociaux qui sont des acteurs de terrain ?

Beaucoup de candidats préparant leur concours d’entrée dans un centre de formation en travail social considèrent que leurs expériences seront décisives et multiplient les heures passées sur le terrain, délaissant la réflexion et la théorie.

Et pourtant, si deux à trois années d’études sont nécessaires pour obtenir un diplôme d’état d’éducateur ou d’assistant de service social, c’est bien parce qu’il y a beaucoup de connaissances à acquérir. Durant la formation, de nombreux dossiers de recherches seront à réaliser, un mémoire de fin d’étude sera demandé aux étudiants préparant un diplôme de niveau III et pour celui-ci, une bibliographie d’au moins vingt ouvrages est attendue.

Comprenez-le dès à présent : lire est indispensable pour savoir comment agir sur le terrain. Retenez cette assertion célèbre d’Emmanuel Kant : « La théorie sans la pratique est absurde, la pratique sans la théorie est aveugle ».

Les cours permettant d’accéder au diplôme d’état portent sur de nombreuses disciplines : psychologie, sociologie, droit, pédagogie, santé… Ce socle de connaissances va permettre de mieux appréhender la complexité de l’être humain. Cependant dans le champ du travail social, il n’existe pas de solutions pertinentes a priori, les professionnels doivent donc sans cesse se référer à leurs connaissances théoriques et les compléter de connaissances empiriques, c’est-à-dire fondées sur l’observation et l’expérience pour comprendre les situations vécues par l’usager et personnaliser l’accompagnement éducatif.

Certes, les travailleurs sociaux sont des acteurs de terrain, ils sont dans le « faire » et réalisent une action individualisée fondée sur la demande et les besoins de la personne mais ils s’appuient pour ce faire sur des outils et des méthodes éprouvées. La lecture donne accès à des connaissances solides, elle suscite la réflexion, ouvre vers des options inenvisagées jusqu’alors… Ainsi elle aide le professionnel à s’améliorer sans cesse et c’est la moindre des exigences qu’on peut avoir envers soi-même quand on travaille auprès des autres.

Par conséquent, les étudiants inscrits à l’IRSS se voient remettre, dès la rentrée, un livret de suivi de leur formation qui contient une longue bibliographie et, durant l’année, un travail d’analyse de livre est réalisé et présenté en classe. Les jurys sont alors agréablement surpris d’entendre les candidats au concours d’entrée en formation évoquer la pensée de Winniccott, Montessori, Lemay ou Gaberan notamment. Encore un petit plus de l’IRSS qui fait la différence !

Si vous êtes désormais convaincu de l’utilité de lire, voici pour terminer, quelques conseils pour réaliser votre fiche de lecture.

– Rédigez un cours résumé du livre, ½ page suffit car le jury n’aura pas envie de vous entendre expliquer le contenu du livre dans ses moindres détails (en général il le connaît déjà) : il suffit de démontrer que vous avez lu le livre. Si l’ouvrage contenait des parties trop complexes que vous n’avez pas bien comprises, faites-en abstraction, ce n’est pas grave.

– Construisez une analyse du livre dans laquelle vous chercherez à expliquer les apports de cette lecture pour votre projet professionnel.

– Sélectionnez ensuite certains passages, ceux qui vous ont le plus amenés à réfléchir, et essayez d’expliquer pourquoi vous adhérez aux propos de l’auteur ou pourquoi, au contraire, vous avez une opinion différente. Si cela s’y prête, n’hésitez pas à mettre en relation les propos de l’auteur avec ce que vous avez pu observer durant des stages, des faits d’actualité, d’autres lectures.

M comme « Motivation »

Pourquoi les candidats doivent-ils passer un entretien de motivation ?

Votre motivation, c’est-à-dire ce qui fonde votre désir de devenir un professionnel du travail social, est un élément central au moment des oraux. Connaître le métier avec précision et avoir un profil adapté ne suffisent pas : il faut vouloir l’exercer et parvenir à l’exprimer.

Mais exprimer clairement sa motivation est difficile. Généralement, on ressent de l’intérêt pour un métier, on « sait au fond de soi » qu’on a trouvé sa voie. Mais le jury ne se contentera pas de cela, n’étant pas « au fond de vous », il a besoin de vous entendre décortiquer les raisons qui vous amènent à faire ce choix pour un métier.

Une technique pour exprimer ses motivations consiste à lier connaissances et personnalité, c’est-à-dire ce que vous savez du métier et ce que vous voulez trouver dans le cadre de votre travail pour vous épanouir professionnellement. Beaucoup de candidats soulignent leur envie d’être utiles aux autres, de concourir à améliorer leur quotidien… Bref, présentent des motivations uniquement altruistes. Cependant, pour s’épanouir, pour avoir envie d’exercer durant des années et il faut aussi que cela vous apporte quelque chose sinon vous allez vous épuiser. Réfléchissez à ce que vous allez pouvoir apporter en tant que travailleur social est important mais ne négligez pas la réflexion, souvent moins évidente, sur ce que vous allez recevoir, ce que cela va vous apporter. Ce juste équilibre entre ce qu’on donne et ce qu’on reçoit est essentiel pour avoir du plaisir à aller travailler pendant des décennies !

Enfin, pour aider le jury à percevoir la sincérité de vos motivations pour le métier, faites attention à votre attitude. Il ne suffit pas d’avoir un discours bien construit. Il faut que votre comportement soit en adéquation avec vos propos. Déclarer : « […] et donc pour ces différents raisons éducateur est vraiment le métier que je veux exercer et je suis impatient de débuter la formation. » perdra de sa force de conviction si vous le dites d’une voix hésitante, en regardant le sol.

Vos motivations doivent vous amener à sourire, on doit percevoir le plaisir que vous avez dans la simple évocation du métier. Regarder votre jury dans les yeux et n’ayez pas peur d’en faire trop ! Si le métier ne vous fait pas rêver aujourd’hui, quand le fera-t-il ?

A l’IRSS, les étudiants passent plusieurs oraux blancs par an et ceux-ci sont filmés. Si le caméscope est source de stress, il est également un excellent outil pour la progression. Il laisse une trace des mots utilisés et de l’attitude adoptée pendant la mise en situation.

Le fichier numérique issu de l’oral blanc est ensuite travaillé durant les cours mais aussi donné aux étudiants qui peuvent, tranquillement chez eux, revoir toute leur prestation et analyser avec du recul les remarques faites par le jury. Les élèves apprécient de revoir au printemps leurs débuts balbutiant quelques mois plus tôt. En mesurant les progrès réalisés, ils gagnent en sérénité avant les oraux des concours.

N comme « Nombre »

A propos des chiffres, notes, ratio et nombre, quels sont les éléments à savoir ?

Le nombre de candidats à présenter les concours du travail social est important mais variable selon les centres de formation et les filières.

Le concours d’assistant de service social est celui qui, de nos jours, est le moins prisé, certaines écoles sont même parfois contraintes d’organiser un second concours, souvent au mois de juin, voire en septembre, afin de compléter la promo car il reste des places vacantes même après avoir rappelé la dernière personne de la liste d’attente. A l’IRSS, il est fréquent d’obtenir un taux de réussite de 100% pour la filière assistant de service social.

Les concours d’éducateur spécialisé et de moniteur-éducateur viennent ensuite, ils attirent beaucoup plus de candidats mais le nombre de places à prendre est également plus important qu’en ASS. Ces concours, bien que difficiles, restent encore accessibles. A l’IRSS, entre 75 et 90% des personnes qui ont ce projet professionnel décrochent leur concours.

Enfin, le concours d’éducateur de jeunes enfants est, sans conteste, le plus difficile car le métier est attractif et, pour maintenir de bonne possibilité d’emploi aux jeunes diplômés, il y a peu de centre de formation. Par exemple, pour l’ensemble de la Bretagne, il n’existe qu’une seule école, qui accueille deux groupes de 15 étudiants sur deux sites de formation différents. Le jour des écrits, plus de 1200 personnes, chaque année, viennent composer… A l’IRSS, 55 à 70% des étudiants parviennent à décrocher leur concours d’entrée en formation.

Quelle note faut-il obtenir pour être retenu ?

Lors des écrits, obtenir la moyenne suffit dans la majorité des écoles pour être admissibles aux oraux. Quelques écoles ont des modalités de sélection différentes : elles fixent, par exemple, l’admissibilité à 12/20 ou elles limitent le nombre de candidats à pourvoir accéder aux oraux par des clauses dans leur le règlement de sélection du type « les 400 premiers candidats, par ordre de mérite, pourront accéder aux épreuves orales ».

Ainsi, il est essentiel de lire le règlement de sélection de chaque centre de formation pour choisir stratégiquement les écoles auxquelles vous allez vous inscrire en fonction de votre aisance rédactionnelle et pour ne pas avoir de mauvaise surprise le jour des résultats.

Pour les oraux, il est impossible de donner une note à viser pour entrer en formation. Selon la grille utilisée par les jurys et les habitudes de l’école, il faudra parfois obtenir plus de 17/20 pour espérer figurer sur la liste principale tandis que dans un autre centre de formation, 14/20 vous permettra de faire partie des meilleurs.

Ne perdez pas de vue qu’il s’agit d’un concours : la note est peu importante, seul le rang de classement qu’elle vous permet d’obtenir conditionnera votre succès ou votre échec.

O comme « Oraux »

Quels sont les différents types d’oraux qui peuvent être proposés aux candidats ?

Hormis les épreuves de groupe présentées à la lettre « G », les écoles organisent des entretiens individuels.

Ceux-ci peuvent se dérouler sous forme d’échange avec un jury d’une ou plusieurs personnes qui vont vous questionner tant sur votre projet que sur votre personnalité (voir aussi à la lettre « Q » les questions fréquentes) mais il peut également y avoir des épreuves spécifiques lors de ces oraux.

Les mises en situation professionnelle

Également appelée « étude de cas », cette épreuve peut faire l’objet d’un entretien à part entière ou d’un exercice de quelques minutes dans le cadre d’un entretien plus long qui abordera d’autres thèmes.

Une situation fictive plus ou moins détaillée vous est alors donnée, puis le jury vous demande comment vous réagiriez.

On distingue deux types de situation :

  • Les situations de la vie courante

Exemple : alors que vous faites vos courses dans un supermarché, vous voyez une femme âgée qui cache une boîte de conserve dans son sac à main. Qu’allez-vous faire ?

Ce type de sujet vous amène à échanger avec votre jury sur vos valeurs, votre vision du monde. Vos expériences peuvent parfois être mises en lien avec la situation proposée. Le jury évalue vos capacités d’analyse, de réflexion, l’argumentation de vos propos…

  • Les situations éducatives

Elles portent sur des événements que vous pourriez rencontrer en tant que travailleur social.

Exemple : vous êtes éducateur spécialisé dans une MECS et arrivant ce matin au travail, vous constatez que 3 jeunes âgées de 12 à 14 ans ne parviennent pas à se réveiller pour aller au collège. Après un échange avec eux, vous apprenez qu’ils ont joué à la Nintendo DS une bonne partie de la nuit. Qu’allez-vous faire dans l’immédiat et moyen terme ?

Au-delà des critères précédemment présentés, l’exercice permet tout d’abord au jury de voir si vous êtes déjà familier avec le vocabulaire propre au travail social (sigle ou nom des structures, pathologies, répartition du travail au sein de l’équipe…) et le fonctionnement d’une institution éducative. Ensuite, la mise en situation professionnelle présente toujours une situation complexe avec différents éléments à prendre à compte. L’analyse que vous allez en faire doit témoigner de votre bonne compréhension des enjeux du travail social. Il n’y a pas une solution unique à trouver mais la qualité de votre réflexion montrera que vous avez su percevoir ce qui pose problème dans la situation.

L’exposé de culture générale

Un sujet est attribué au candidat qui peut alors avoir ou non un temps pour préparer son exposé.

Ses connaissances mais aussi son aisance verbale et sa capacité à structurer son propos seront évalués. Cette épreuve réclame donc une solide culture générale car les sujets peuvent être en lien avec l’actualité sociale (par exemple : pourquoi le travail le dimanche fait-il débat ? Présentez-nous le RSA. Que savez-vous de l’insertion professionnelle des personnes porteuses d’un handicap ? …) ou porter sur des thèmes plus inattendus (par exemple : les BD sont-elles des livres comme les autres ? Les jeux d’argent devraient-ils être interdits ? La mode est-elle originalité ou mimétisme ?…).

Par conséquent, même quand les écrits de sélection sont passés, il est impératif de continuer à s’intéresser à l’actualité et à être curieux, avide de connaissances dans tous les domaines.

A l’IRSS, dès le début de l’année, des revues de presse hebdomadaires sont organisées afin que les étudiants prennent rapidement l’habitude de suivre les actualités et de les retenir. De plus, les nombreux exposés thématiques qui jalonnent la formation sont autant d’occasions, pour les étudiants, de mener des recherches, d’être acteurs de leur apprentissage, ce qui favorise une bonne mémorisation.

Les tests projectifs

Utilisés dans certaines écoles, ce sont des outils d’évaluation psychologique. Ils doivent aider le jury à mieux cerner la personnalité du candidat.

Le plus utilisé est le test de Rorschach également appelé « test des tâches d’encre, » car le candidat se voit proposer dix taches d’encre symétriques et le jury lui demande ce que cela pourrait être.

Bien que déstabilisant, les candidats doivent se rassurer, il est extrêmement rare qu’un candidat soit éliminé à cause de ce type de tests. Certaines écoles ne notent pas cet oral, il alors demandé au jury de prononcer un avis favorable ou défavorable, ce dernier avis étant éliminatoire.

P comme « Projet »

Qu’appelle-t-on projet individuel de prise en charge ?

La loi du 2 février 2002 a profondément rénové et modernisé l’action sociale. Elle a instauré de nombreux outils qui sont aujourd’hui utilisés quotidiennement dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Le projet individuel de prise en charge en fait partie.

En effet, depuis cette loi, les usagers bénéficient de ce projet qui a pour but de mettre en mots de façon claire et accessible à toutes les personnes qui concourent à l’accompagnement éducatif les attentes de l’usager, ses besoins et les objectifs à atteindre dans le cadre de la prise en charge. Ce projet est réalisé peu de temps après le début de l’accompagnement de la personne, elle participe à son élaboration dans la mesure de ses possibilités et, dans tous les cas, le projet en question lui est communiqué. Ensuite, ce projet est revu régulièrement (souvent tous les 6 mois ou tous les ans), ce qui permet aux travailleurs sociaux de faire des bilans intermédiaires sur le travail accompli, de ne pas sombrer dans la routine et de se questionner sur l’évolution des besoins de la personnes accompagnées.

Ce texte de loi est au cœur des pratiques institutionnelles, tous les travailleurs sociaux doivent donc le connaître et en comprendre la portée. Voici une belle illustration concrète de la pertinence des enseignements sur la législation qui sont dispensés dans toutes les formations en travail social. Vous ne voulez pas devenir juriste, certes, mais en tant que travailleur social, il vous faudra sans cesse vous remémorer les contenus de formation concernant les droits de l’usager, les droits de la famille, le cadre de l’action sociale… Et actualiser vos connaissances tout au long de votre carrière car, en la matière, la législation évolue sans cesse. Et « nul n’est censé ignorer la loi », surtout pas les travailleurs sociaux…

Q comme « Questions »

Quelles sont les principales questions posées par les jurys lors de l’oral d’entrée en formation ?

La liste des questions possibles est infinie, chaque jury, en fonction de sa personnalité, ayant sa façon de questionner les candidats. Cependant, les thèmes abordés lors des oraux sont récurrents et méritent d’avoir été réfléchis avant le jour de l’oral. L’objectif n’est pas de préparer des réponses toutes faites qui seront ensuite récitées au jury mais de clarifier ses idées sur les thèmes habituels afin d’avoir une aisance dans la présentation de ses idées et de ses arguments. Le jury n’attend pas LA bonne réponse mais il cherche à comprendre le candidat, sa trajectoire, son projet… La capacité du candidat à expliquer et à convaincre est donc déterminante.

Pour aborder l’oral sereinement, il convient notamment de :

  • Savoir présenter clairement ses motivations tant pour le métier que pour les études qui permettront d’apprendre à l’exercer. (Voir lettre « M » pour les motivations).
  • Etre bien renseigné sur le métier, les lieux de travail, les spécificités du public accompagné, les différences avec les autres métiers du social…
  • Parvenir à expliquer la construction de son projet professionnel : repérer les étapes qui ont permis progressivement de trouver sa voie et d’arriver à la certitude d’avoir cerné le métier qui corresponde le mieux à ses attentes professionnelles
  • Présenter ses expériences et faire du lien entre ce qu’on a pu réaliser et ce qui est demandé à un travailler social pour démontrer ses capacités, ses compétences.
  • Penser à toutes les implications d’une entrée en formation : difficultés possibles durant les études et solutions pour y remédier, éloignement géographique, financement, capacité à se rendre en stage…
  • Chercher à mieux se connaître : savoir présenter ses qualités, ses défauts, ses valeurs mais aussi expliquer sa trajectoire de vie, les joies comme les moments difficiles.

A l’IRSS, chaque semaine, les étudiants bénéficient de cours de préparation aux épreuves orales par petits groupes de douze à quinze personnes. Ce travail en atelier est l’occasion de répondre à des questions fréquemment posées lors des oraux, de mettre des mots sur ses idées et de gagner en aisance à l’orale mais aussi de travailler son analyse sur les propos tenus par les autres membres du groupe afin de percevoir ce qui peut convaincre ou gêner dans un discours. En effet, s’entraîner à être jury pour ses collègues, aide beaucoup à progresser en tant que candidat.

R comme « Rémunération »

Quels sont les salaires perçus par les travailleurs sociaux ?

Vous devez vous en douter, on ne devient pas un travailleur social pour faire fortune !

Cependant il s’agit bien d’un métier, d’une façon de gagner sa vie donc parler argent n’est pas interdit. Au contraire, le réalisme de votre projet passe aussi par une prise d’informations précises sur tous les aspects qui l’accompagnent. Le salaire en fait partie.

Le salaire est variable en fonction du lieu d’exercice. Dans la fonction publique, le salaire sera inférieur à celui perçu dans les établissements régis par la convention collective de l’enfance inadaptée.

A ce salaire, peuvent s’ajouter des primes pour le travail en horaires décalés ou les jours fériés par exemple.

Métier Salaire mensuel brut
Moniteur-éducateur Entre 1274€ en 1491€ en début de carrière, entre 2094€ et 2638€ en fin de carrière
Éducateur spécialisé, éducateur de jeunes enfants et assistant de service social Entre 1441€ et 1756€ en début de carrière et entre 2416€ et 3082€ en fin de carrière

S comme « Solidarité »

Pourquoi est-il fréquemment recommandé aux candidats de s’investir dans le bénévolat ?

A défaut de stage ou en complément de ceux-ci, vous pouvez réaliser d’autres expériences qui vous permettront d’affirmer votre projet professionnel auprès d’un jury. Certains emplois salariés permettent cette réalisation de soi, mais il peut aussi du bénévolat et/ou de l’investissement associatif.

En effet, si en stage vous avez l’opportunité d’observer des travailleurs sociaux en action, il s’agit le plus souvent d’un stage de découverte qui ne vous permet pas de prendre des initiatives et des responsabilités. Par le biais du bénévolat, vous allez pouvoir vous investir dans un projet, voire le réaliser de A à Z, ce qui témoigne de votre maturité et de votre capacité d’initiatives. De plus, de nombreuses associations œuvrent auprès d’un public qui est accompagné par des travailleurs sociaux. Le bénévolat sera alors l’occasion de confirmer votre capacité à rencontrer ces personnes. Enfin, en découvrant ces associations en détails, vous commencerez à développer votre réseau de partenaires, vous percevrez de mieux en mieux les similitudes et les différences qui existent, par exemple, entre Les Restos du cœur, la Banque alimentaire et le Secours populaire. Cela vous aidera ensuite durant votre carrière à bien orienter les usagers.

Puisque vous souhaitez accompagner des individus qui rencontrent des difficultés et contribuer à améliorer leur quotidien, le jury aura du mal à comprendre pourquoi vous attendez l’obtention d’un diplôme de travailleur social pour commencer. Dans une société en crise où l’individualisme est omniprésent, les associations d’aide sont de plus en plus sollicitées et chacun, dans la mesure de ses compétences et du temps qu’il peut y consacrer, est en mesure de démontrer sa solidarité, valeur indissociable du travail social.

A l’IRSS, les étudiants passent 4h/semaine dans une ou deux associations de leur choix. Cet engagement au long cours vient crédibiliser leur projet professionnel et il est source d’expériences qui pourront venir illustrer leurs propos lors des oraux de sélection. Au-delà des déclarations d’intention, par leurs actes, ils sont en capacité de prouver qu’ils ne peuvent rester indifférents face à la souffrance de l’être humain, que l’altruisme est une valeur phare pour eux et qu’ils ont déjà compris que nous pouvons tous œuvrer pour améliorer le vivre ensemble. Il va sans dire que cet investissement ne doit pas seulement faire l’objet d’un plan stratégique (ajouter une ligne au CV) mais s’inscrire dans une démarche profondément sincère d’empathie pour les publics !

T comme « Travail social »

Que signifie exactement ce terme ?

Pendant des siècles, les personnes handicapées ou en difficultés sociales sont livrées à elles-mêmes avant que, à compter du XVIIème siècle, par charité, des instances religieuses et des bonnes volontés consentent à prendre en charge les plus faibles..

Ce n’est qu’à la fin du XIXème siècle que l’État commence à développer une politique sociale en instaurant, par exemple, une aide médicale gratuite pour certains ou des logements sociaux.

En 1958, les Nations-Unis proposent une définition du travail social qui, plus d’un demi-siècle plus tard, garde toute sa pertinence :

« Le travail social est une activité visant à aider à l’adaptation réciproque des individus et de leur milieu social, cet objectif est atteint par l’utilisation de techniques et de méthodes destinées à permettre aux individus, aux groupes, aux collectivités de faire face à leurs besoins, de résoudre les problèmes que pose leur adaptation à une société en évolution. »

Ainsi, le travail social se situe à la jonction de la personne et de son environnement. Le travailleur social est un agent facilitateur de changement, tant dans la société que dans la vie des personnes qu’il côtoie. C’est pourquoi les politiques sociales nationales ou locales (ex : prévention de la délinquance, logement, santé, insertion des handicapés, accueil des jeunes enfants…) s’appuient sur l’action des travailleurs sociaux qui ont donc un rôle stratégique dans la société.

Le travail social a pour but d’améliorer le bien-être général, d’aider les individus à développer leurs potentialités et de prévenir les dysfonctionnements sociaux.

Les travailleurs sociaux agissent donc dans un rôle préventif et curatif.

  • Rôle préventif : c’est une fonction souvent oubliée et pourtant essentielle.

Par exemple : un éducateurs de jeunes enfants qui travaille dans un multi-accueil accompagne les enfants dans leur développement en leur proposant un milieu riche de stimulations diverses. Son action lutte contre les inégalités sociales puisque, durant le temps de présence en collectivité, tous les enfants sont traités de la même façon, ils bénéficient tous de l’accès aux mêmes activités, quelles que soient les habitudes éducatives de leur famille.

  • Rôle curatif : c’est la mission du travailleur social lorsqu’une difficulté est avérée.

Par exemple : un moniteur-éducateur accueille un adolescent qui vient d’être placé dans une MECS car il a été victime de carences éducatives. Il peut alors échanger avec lui sur le sens de ce placement et construire un projet avec le jeune pour que la période durant laquelle il sera éloigné de sa famille lui soit la plus utile possible.

U comme « UNAFORIS »

Quels sont les avantages proposés par ce groupement de centre de formation ?

L’UNAFORIS est le réseau national des établissements de formation et de recherche en intervention sociale. Il a pour but de contribuer notamment au développement de l’offre de formation et d’être un appui pour les établissements adhérents.

Pour les candidats à l’entrée en formation, l’UNAFORIS est surtout une opportunité unique d’économiser sur les coûts des concours et d’accroître leurs chances d’entrer en formation.

En effet, 28 établissements adhérant à l’UNAFORIS se sont entendus pour organiser une épreuve d’admissibilité commune pour le concours ASS, ES ou EJE.

Ainsi, passer le concours dans ce cadre limite les frais de déplacement et d’inscription aux épreuves écrites puisque toute personne obtenant une note à l’écrit permettant d’être admissible peut faire valoir cette admissibilité pour s’inscrire aux épreuves de sélection orale des autres centres de formation du groupement, et ce sont les résultats obtenus à ces épreuves qui conditionneront l’entrée en formation.

Par exemple : un candidat au concours d’éducateur spécialisé passe deux écrits, celui organisé par l’ITES de Brest où il obtient 12/20 et celui de l’IRTS de Basse-Normandie où il obtient 9/20.

Il choisit alors de s’inscrire à 5 oraux dans les écoles adhérentes : Rennes, Besançon, Paris, Bordeaux et Poitiers (il ne peut pas passer les épreuves d’admission à Caen puisqu’il n’a pas obtenu la moyenne à l’écrit et il ne souhaite pas suivre sa formation à Brest pour des raisons personnelles).

Suite aux oraux, il est admis en formation à Paris et à Poitiers et il décide de s’inscrire à Poitiers pour y suivre ses 3 années d’étude.

Se repérer dans toutes les subtilités des sélections est complexe, chaque centre de formation rédige librement son règlement de sélection et il y a aspects à ne pas négliger. A l’IRSS, toutes les stratégies possibles sont expliquées aux étudiants afin qu’ils optimisent leur budget et leurs chances de réussite.

V comme « VAE »

L’accès aux diplômes du travail social via la validation des acquis de l’expérience est-il possible ?

Depuis la dernière réforme des formations en travail social, l’accès au diplôme via la VAE est possible.

Celle-ci permet à toute personne engagée dans la vie active depuis au moins 3 ans, quel que soit son âge, son niveau d’études ou son statut, de se voir reconnaître officiellement ses compétences professionnelles par un diplôme.

Ainsi, avoir le titre d’éducateur ou d’assistant de service social est possible grâce à l’expérience, et non uniquement par le biais de la formation initiale.

Comment réaliser une VAE?

Pour prétendre à la VAE, il faut :

– 3 années d’expériences professionnelles dans un domaine en rapport avec le diplôme demandé.

– Remplir le livret n°1: « dossier de demande de recevabilité de la demande d’obtention d’un diplôme par la VAE »

– Si la demande est déclarée recevable, remplir le livret N°2 dans lequel le candidat doit décrire de façon très précise ses activités, salariées ou non, associatives et/ou bénévoles et leurs conditions d’exercice. Puis le présenter à un jury qui décide :

  • de valider entièrement les domaines de compétence du métier et donc d’attribuer l’équivalence du diplôme
  • de valider certains domaines Dans ce cas, le jury précise quelles sont les connaissances et aptitudes manquantes. Dès lors, le candidat à la VAE peut poursuivre son activité et demander une nouvelle étude de sa situation après quelque temps pour tenter d’obtenir les domaines de compétences manquant ou bien intégrer un centre de formation pour suivre les cours, réaliser les stages et passer les épreuves concernant les domaines de compétences non validés.
  • de ne pas valider d’acquis lorsque les conditions de compétences, d’aptitudes et de connaissances ne sont pas remplies

W comme « Wallon »

Pourquoi étudie-t-on la pédagogie durant la formation ?

La pédagogie peut se définir comme l’ensemble des méthodes utilisées pour éduquer (cf, lettre « E »).

Dans la Grèce Antique, le terme existe déjà et, en fonction des époques, les recommandations pédagogiques ont évoluées en s’appuyant sur différents courants de pensée.

Henri Wallon appartient au mouvement dit de « la pédagogie moderne ».

Né en 1879, c’est un philosophe, un psychologue et un pédagogue. Il présida à partir de 1933 et jusqu’en 1962, année de sa mort, le Groupe Français d’Éducation nouvelle (GFEN).

Il réfléchit beaucoup au rôle, d’une part, des interactions dans la construction de l’enfant et, d’autre part, des activités de loisirs qui permettent à l’enfant d’agir sur son environnement et d’en déduire des connaissances.

Dans les centres de formation en travail social, les grands pédagogues sont étudiés car chaque travailleur social est un pédagogue. A partir des enseignements reçus, l’étudiant devra, durant ses temps de stage, adapter son attitude et créer des outils répondant aux besoins de l’usager selon ce qui est mis en évidence par le projet individuel de prise en charge (cf, lettre « P »).

Connaître les différents courants de la pédagogie permet de réfléchir à leurs apports mais aussi à leurs limites afin de se construire progressivement son identité professionnelle, celle-ci étant amenée à évoluer tout au long de sa carrière.

X comme « Né sous X »

Quels sont les lieux de travail permettant d’œuvrer pour la protection de l’enfance ?

L’accouchement sous X est La possibilité pour une femme, en France, de mettre au monde un enfant tout en restant anonyme puis de le remettre aux services de l’Etat.

Lorsque la santé de l’enfant le permet, celui-ci est alors pris en charge par des travailleurs sociaux au sein d’une pouponnière à caractère social.

Généralement rattachée à un Centre Départemental de l’Enfance (CDE), c’est un lieu d’accueil permanent (jour et nuit) pour les enfants de la naissance à 3 ans qui ne peuvent être maintenus dans leur famille.

Hormis les enfants nés sous X en attente d’une famille adoptive, la pouponnière accueille :

  • les enfants placés sur décisions judiciaires (carences éducatives ou affectives, enfants en risque de maltraitance, maltraitance avérée…);
  • les enfants confiés par leur famille qui ne peut s’en occuper provisoirement (problèmes psychologiques, nécessité d’une hospitalisation, conditions de vie trop précaires…).

Les éducateurs de jeunes enfants et les éducateurs spécialisés prennent en charge ces enfants au sein d’une équipe qui peut également être composée d’auxiliaires de puériculture, psychologues, pédiatres, puéricultrices… leur rôle est de veiller au bien-être de l’enfant malgré la séparation, de veiller à ce que celui-ci ne souffre pas moralement et puisse poursuivre son développement d’une façon harmonieuse. Les travailleurs sociaux ont aussi une mission auprès des familles qui évoluent selon la situation de l’enfant. Si celui-ci est sur le point d’être adopté, les éducateurs vont accompagner les parents adoptifs dans la découverte de l’enfant, leur expliquer comment s’en occuper, quelles sont ses habitudes… ils vont rassurer et accompagner durant quelques jours ces familles avant qu’elles ne rentrent chez elles avec le nouveau-né.

Dans le cas d’un placement ordonné par un juge des enfants, ils doivent évaluer la capacité de la famille à modifier ses comportements pour pouvoir vivre de nouveau avec l’enfant. Pour cela ils organisent des rencontres entre l’enfant et ses parents et y assistent si nécessaire, ils reçoivent les familles sur rendez-vous et réalisent des rapports éducatifs à destination du juge lorsque celui-ci doit décider de lever ou de maintenir le placement.

Pour les enfants confiés par leur famille, les travailleurs sociaux vont tenter de maintenir au maximum les liens entre parent/enfant et s’assurer, lorsque le retour est demandé par la famille, que celui-ci peut effectivement se réaliser dans de bonnes conditions.

Lorsque la mère connait des difficultés mais souhaite rester auprès de son enfant, elle peut être accueillie dans un centre maternel.

Celui-ci propose un hébergement ou un suivi plus ponctuel aux femmes enceintes d’au moins 7 mois et aux mères ayant au moins un enfant de moins de 3 ans connaissant des difficultés psychologiques, sociales et/ou matérielles. Ces femmes peuvent être majeures ou mineures.

C’est une équipe pluridisciplinaire qui accompagne la mère et son enfant parmi laquelle on trouve le plus souvent :

  • des éducateurs spécialisés ou des moniteurs-éducateurs qui vont notamment réfléchir avec la jeune femme sur son parcours jusqu’à présent et son projet de vie après la naissance (travail, formation…). Ils travaillent souvent avec des horaires d’internat pour aider ces femmes à avoir un rythme de vie compatible avec la prise en charge d’un bébé (sortie dans des lieux et avec des horaires adaptés si l’enfant les accompagne par exemple).
  • des éducateurs de jeunes enfants qui peuvent aider la jeune mère à comprendre et à satisfaire les besoins physiques et relationnels du nouveau-né. Ils vont réfléchir avec elle à la place du père de l’enfant dans l’éducation de celui-ci. Ils peuvent aussi proposer des temps de prise en charge des enfants dans un lieu de type crèche ou halte-garderie afin que la mère puisse suivre une formation, prendre du temps pour elle…
  • des assistants de service social ou des conseillers en économie sociale et familiale qui vont accompagner la femme dans ses démarches pour ouvrir ses droits sociaux et accéder aux dispositifs de droits communs, rechercher un logement et pouvoir s’y installer confortablement, gérer son budget mensuel…Ils travaillent beaucoup en partenariat avec diverses associations et des organisme tels la caisse d’allocation familiale ou la caisse primaire d’assurance maladie.

Durant son suivi en centre maternel, la jeune femme doit progressivement devenir autonome et pouvoir répondre à ses besoins et à ceux de son enfant.

D’autres établissements et services existent, tels que les MECS, les foyers éducatifs, les services d’AED… un candidat au concours d’entrée en formation doit les connaître afin de savoir les débouchés qui l’attendent à l’issue de sa formation et de montrer à son jury qu’il a perçu les nuances dans le travail à accomplir en fonction du lieu dans lequel il exercera.

Y comme « Yeux »

Pourquoi le non verbal, c’est-à-dire la gestuelle et le regard, sont-ils si important lors des oraux de sélection ?

La communication n’est pas qu’affaire de verbalisation. Nous « disons » beaucoup par notre attitude : le comportement, les gestes, les intonations, les regards voire les silences… Dès lors, la communication non verbale doit enrichir le message au lieu de le parasiter. Durant l’oral, le fond et la forme sont indissociables.

  • Le regard

Le regard joue un rôle important, tant du côté du jury que du candidat.

Dans l’interaction avec les examinateurs, il faut prendre garde à certains signes (froncement de sourcil, les yeux écarquillés…). Le regard traduit parfois, sans que l’on s’en rende toujours compte, les émotions que l’on cherche à cacher. L’intérêt, la conviction, la détermination, la confiance se lisent dans les yeux au même titre que l’hésitation, le doute, le malaise, le manque de confiance en soi.

  • Les gestes

Les gestes ne doivent pas parasiter le discours mais l’enrichir. Certains candidats développent des tics gestuels d’auto-contact : ils se passent la main dans les cheveux, ils font tourner leur bague sur leur doigt, etc. La finalité de ces gestes est l’auto-rassurance : prendre conscience de sa présence (de son corps) diminue la nervosité. Ces gestes sont le signe d’une crainte de l’échange, d’un repli sur soi et plus généralement d’un manque de confiance en soi.

A l’inverse, savoir utiliser ses mains pour souligner les points essentiels de son propos confère au message plus de clarté et de vie. Le candidat qui place ses mains dans ses poches ou les joint entre ses cuisses se prive d’un instrument de communication essentiel.

  • La voix

Il s’agit de parler suffisamment fort pour être audible sans effort par le jury.

D’autre part, un message intéressant mais dit sans conviction et d’un ton monocorde perd tout son effet. Le jury, il ne faut jamais l’oublier, est souvent usé par des heures d’entretien. Pour retenir son attention, il est primordial d’utiliser sa voix pour témoigner de son dynamisme mais aussi de parler distinctement tout en évitant les tics de langage (« bah », « heu », « hein… »), les mots familiers et les phrases inachevées. Etre naturel, relativement spontané, ne signifie pas pour autant totalement relâché dans son vocabulaire et sa syntaxe.

Enfin, maîtriser l’intonation permet de mettre en valeur des mots en les renforçant. Vous appuyez ainsi votre propos en mettant en avant les termes essentiels à sa compréhension.

Maîtriser tous ces paramètre n’est pas simple, d’autant plus que les enjeux du concours viennent souvent entacher la communication non-verbale, même celle des candidats pourtant à l’aise dans la prise de parole au quotidien.

A l’IRSS, les oraux blancs filmés organisés régulièrement, tout comme le cours de communication qui a lieu 2h par semaine par petits groupes permettent de prendre rapidement conscience des points à améliorer et de se présenter le jour J face à son jury avec un propos renforcé par son attitude.

Z comme « Zonards »

Comment les travailleurs sociaux peuvent-il accompagner les personnes marginales ?

On appelle vulgairement « zonards », les jeune marginaux issus des banlieues défavorisées. Fréquentant les squats ou vivant la rue, il est difficile de faire un travail avec ces personnes : impossible de prendre un rendez-vous, difficile de se parler dans un cadre neutre et propice au travail d’aide. Les rencontres se font sur l’instant, quand une demande surgit, ce qui requièrt, de la part des travailleurs sociaux, une grande disponibilité et une forte adaptabilité.

Les services de la prévention spécialisée visent à agir en amont de la marginalisation. Principalement réalisée par des éducateurs spécialisés qui vont à la rencontre de jeunes en risques d’inadaptation sociale (difficultés sociales ou familiales, déscolarisation, marginalisation, délinquance, conduites à risques…), la rencontre a pour but de rompre l’isolement et de restaurer des liens sociaux.

Les équipes de la prévention spécialisée sillonnent un territoire et vont à la rencontre des jeunes là où ils se trouvent d’où l’appellation parfois utilisée « d’éducateurs de rue ». Le jeune est libre d’adhérer ou non à la proposition d’accompagnement qui lui est faite et il peut y mettre fin à tout moment. En fonction des besoins qu’il aura exprimés, l’équipe de prévention spécialisée pourra se mettre en contact avec son établissement scolaire, sa famille… pour intervenir en tant que médiatrice dans les difficultés. Sile jeune préfère, il peut bénéficier d’un accompagnement de façon anonyme. La mission d’orientation vers les partenaires sociaux est également primordiale, les équipes de prévention spécialisée ont alors un rôle de personnes ressources et, pour ce faire, elles travaillent en partenariat avec de nombreuses structures : maison de quartier, planning familial, centre d’information et d’orientation…

Pour les personnes marginales qui souhaitent retrouver un logement et être accompagnées vers une réinsertion sociale, une prise en charge dans un centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) peut être envisagée.

Ce lieu d’hébergement est destiné aux adultes et aux familles qui connaissent de graves difficultés sociales et qui ont besoin d’un soutien matériel et éducatif pour quelques jours (lieux d’accueil d’urgence) ou plusieurs mois, voire des années.

Certains CHRS sont spécialisés dans l’accueil d’un certain public : personnes sortant de prison, femmes victimes de violences conjugales, personnes sans domicile fixe…

L’équipe de travailleurs sociaux (ES, ME, ASS) réalise différentes missions visant la réinsertion professionnelle et sociale ce qui passe par l’accompagnement dans les démarches pour obtenir un logement, la mise en place des droits sociaux, l’accès aux soins, l’accompagnement vers l’emploi ou l’entrée en formation professionnelle, le soutien dans les épreuves qui jalonnent le quotidien…

Pour aller à la rencontre des plus précaires, des associations, telles que le Samu Social ont été créées. Les bénévoles s’assurent que la personne connaît l’existence des lieux d’hébergement, proposent de la nourriture et des boissons chaudes, parlent de sa santé, de la prévention… mais surtout contribuent à maintenir le lien social.

Chaque année, certains étudiants de l’IRSS choisissent de renforcer les équipes du SAMU social et deviennent bénévoles. Ils participent alors à des maraudes nocturnes plusieurs fois par mois et, tout en bénéficiant des conseils des personnes expérimentées, ils développent une aisance relationnelle avec les personnes marginales.

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